Rencontré mercredi lors de la réception qui a suivi la cérémonie de remise du pallium, à Rome, le cardinal Ouellet s'est prononcé pour la première fois sur les spéculations qui le placent en bonne position pour succéder au pape Benoît XVI. Il a accepté du coup de parler aux journalistes, lui qui les avait évités au cours des derniers jours.
Il rit quand on lui dit que plusieurs le voient comme pape. «On ne peut pas empêcher le monde de rêver. Ça serait un cauchemar. Moi, je vois le travail que le pape a à faire. C'est peut-être pas très enviable. C'est une responsabilité écrasante. Enfin, à la grâce de Dieu! Il y a l'aide du Saint-Esprit, évidemment, mais c'est une très grosse responsabilité. Personne ne fait campagne pour ça.»
Même si les derniers mois de Mgr Ouellet comme archevêque de Québec n'ont pas été de tout repos, le cardinal rigole quand on lui demande s'il s'ennuie de Québec. «Vous ne voulez pas que je verse une larme, là», a-t-il répondu, amusé. «J'ai de merveilleux souvenirs. C'est difficile de partir de Québec.»
En mai 2010, ses déclarations sur l'avortement avaient en effet provoqué une véritable levée de boucliers.
Il avait soutenu que rien, pas même le viol, ne justifiait l'avortement, qui doit être considéré comme un crime «moralement». Il avait ensuite dû défendre et expliquer sa position sur toutes les tribunes.
Malgré tout, Mgr Ouellet n'éprouve aucun regret. Pour lui, il a fait son travail.
«J'ai fait ce que j'avais à faire. Et ensuite, je passe à autre chose, selon ce qui m'était demandé. Mais je ne regrette rien. J'ai beaucoup aimé les gens. Même quand on dit une vérité difficile, c'est un geste d'amour aussi de dire la vérité, même si elle est difficile à accueillir.»