Enfants en difficulté: l'union fait la force

Audette Sylvestre et ses collègues du CIRRIS offrent... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Audette Sylvestre et ses collègues du CIRRIS offrent une approche globale d'intervention auprès des enfants connaissant des incapacités diverses.

Le Soleil, Steve Deschênes

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La Faculté de médecine de l'Université Laval génère de nombreuses percées scientifiques par ses activités de recherche biomédicale et en santé des populations. Dans cette série d'articles, Le Soleil présente des chercheurs et leurs travaux dont les activités s'arriment aux enjeux majeurs de notre société »

Sophie Gall
Le Soleil

(Québec) Il faut tout un village pour élever un enfant. Audette Sylvestre prend ce proverbe africain au pied de la lettre, elle lui donne même une nouvelle ampleur. Mme Sylvestre est responsable d'un regroupement d'une vingtaine de chercheurs au CIRRIS (Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et en intégration sociale).

Tous collaborent pour développer des modèles d'intervention efficaces pour répondre aux besoins d'enfants et d'adolescents connaissant des incapacités diverses. Elle-même est chercheuse en orthophonie, ses collègues du CIRRIS sont chercheurs en ergothérapie, en psychologie, en physiothérapie, etc. «On travaille entre chercheurs, mais aussi en partenariat avec les intervenants cliniques, avec les parents, les éducatrices des CPE, les enseignants, avec le secteur des loisirs, etc.», explique-t-elle en évoquant aussi l'implication d'un quartier ou de la ville pour apporter le soutien nécessaire aux enfants qui en ont besoin.

«Souvent, un enfant qui a des problèmes langagiers a aussi d'autres difficultés», souligne Mme Sylvestre. Dès lors, un travail d'équipe s'impose. «On veut maximiser les interventions», insiste-t-elle. Ainsi, le maillage entre chercheurs et praticiens permet d'optimiser les connaissances et d'affiner les interventions.

Audette Sylvestre est professeure au Département de réadaptation de la Faculté de médecine de l'Université Laval et directrice du programme d'orthophonie. Pendant 15 ans, elle a pratiqué en clinique auprès d'enfants de zéro à cinq ans, tranche d'âge qui fait maintenant l'objet de ses recherches en orthophonie. Deux axes orientent son travail. «D'abord, je veux comprendre l'influence de l'environnement de l'enfant sur le développement langagier, qu'il soit typique ou problématique.» Plusieurs variables sont à prendre en compte lorsque l'on constate des problèmes langagiers : contexte social, familial, le tempérament de l'enfant, les facteurs génétiques... «Est-ce que ces variables modulent l'apprentissage? Si oui, à quel point? Est-ce que ça nous permet de déterminer la vulnérabilité de l'enfant?» se demande la chercheuse. Autant de questions pour lesquelles elle cherche les réponses.

L'objectif de ses recherches est évidemment de comprendre ce qui influence l'apprentissage du langage, d'évaluer le poids de chaque déterminant en vue de mieux dépister et de mieux intervenir. La professeure Sylvestre cherche donc les facteurs de risque de problèmes langagiers infantiles. À titre d'exemple, on observe que les enfants issus de classes sociales socioéconomiquement défavorisées sont plus à risque de développer des problèmes langagiers. «Mais ce n'est pas automatique, ponctue-t-elle. Il faut que l'on comprenne quels processus se mettent en branle et la façon dont les différents facteurs de risque interagissent entre eux pour donner lieu à une problématique langagière», ajoute-t-elle.

Pourquoi deux enfants issus du même milieu, ayant le même potentiel, n'évoluent-ils pas de façon similaire sur le plan langagier? Le cumul des facteurs de risque, leur interaction, est un élément de réponse. «Mais il y a aussi les facteurs de protection», souligne la chercheuse, éléments qui peuvent contrer les effets des facteurs de risque. Un mode d'intervention possible serait donc d'introduire dans le quotidien d'un enfant en difficulté un facteur de protection, ce qui cadre avec le deuxième axe de recherche de Mme Sylvestre. «Un deuxième créneau de mes recherches est de contribuer à l'amélioration de l'intervention : qu'est-ce qui fonctionne, avec qui et dans quelles circonstances.»

Dans le processus de réadaptation langagière, le but ultime de la chercheuse est que l'enfant participe aux activités de sa vie courante comme tout autre enfant de son âge, que les interventions lui servent dans son quotidien. «Si, plutôt que de frapper son camarade qui rit de son problème langagier, l'enfant s'énerve et que la chicane pogne, avec des mots plutôt qu'avec les poings, ce sera un progrès», illustre en riant Audette Sylvestre. En agissant ainsi, l'enfant s'approche davantage de ce que fait n'importe quel autre enfant. Toutefois, ce progrès précis n'est pas garant d'autres progrès sur le plan langagier.

«En réadaptation, on est content quand les gens n'ont plus besoin de nous», conclut la chercheuse. «Quand un enfant a une déficience langagière diagnostiquée, ce qu'on peut faire, c'est maximiser son développement.» Il faut l'outiller pour qu'il adopte des stratégies pour contourner la difficulté.

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