Le diabète de type 2, une bataille sur plusieurs fronts

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La Faculté de médecine de l'Université Laval génère de nombreuses percées scientifiques par ses activités de recherche biomédicale et en santé des populations. Dans cette série d'articles, Le Soleil présente des chercheurs et leurs travaux dont les activités s'arriment aux enjeux majeurs de notre société »

Le Dr André Marette et son équipe tentent... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le Dr André Marette et son équipe tentent de percer les secrets du diabète de type 2, afin de mieux le contrôler et de prévenir son apparition.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Sophie Gall
Le Soleil

(Québec) L'obésité engendre des maladies cardiométaboliques, dont le diabète de type 2 (diabète T2), que le Dr André Marette étudie pour mieux en comprendre les causes. «Pourquoi, quand on souffre d'obésité, on a plus de risques de développer des maladies cardiométaboliques, comme le diabète T2?» se demande le professeur. Prévenir l'obésité serait la solution la plus directe pour éviter l'apparition de ces maladies. «Mais c'est difficile, souligne-t-il, car dans la plupart des cas, l'obésité dépend du style de vie et on est dans une société propice au développement de l'obésité.» En attendant d'avoir la solution à cette maladie qu'il qualifie d'«épidémio-socioculturelle», il faut s'attaquer aux problèmes collatéraux qu'elle cause.

André Marette est professeur à la Faculté de médecine de l'Université Laval et chercheur au Centre de recherche de l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec. «Quatre-vingts pourcent des cas de diabète T2 s'observent chez les gens obèses, relate le professeur. Plus on va découvrir les défauts primaires qui mènent au diabète T2, plus on pourra faire des interventions précoces qui auront du succès», ajoute-t-il pour expliquer le but à atteindre.

Le tissu adipeux n'est pas une simple masse graisseuse, mais un organe noble, une glande endocrine. «Une manufacture de signaux hormonaux en tout genre», dira le Dr Marette. Quand le tissu adipeux est trop volumineux, il connaît des dérèglements. «Les cellules du tissu s'hypertrophient et miment une réaction immunitaire, ce qui engendre une réponse inflammatoire. Et c'est là que le problème commence.» Les macrophages, qui habituellement combattent l'envahisseur, s'infiltrent dans le tissu adipeux et le transforment en organe pro-inflammatoire. «En fait, le tissu, purement métabolique à la base, se donne soudainement une fonction immunologique déréglée», souligne André Marette. Les macrophages qui ont envahi le tissu adipeux sécrètent alors des cytokines, qui provoquent la résistance à l'insuline, syndrome précurseur du diabète T2.

Actuellement, les recherches du Dr Marette et de son équipe portent sur les raisons qui provoquent l'inflammation du tissu adipeux, au début du processus. «On ne sait pas d'où vient le signal qui attire les macrophages, explique-t-il. Le but est donc de comprendre le signal et de le bloquer.» La compréhension de ce phénomène, en amont des complications, permettrait de prévenir le diabète T2.

«On se demande aussi comment les cytokines génèrent une insulino-résistance, ajoute-t-il. En comprenant leur mécanisme d'action, on pourrait bloquer leur activité.»

L'innovation dans les recherches du Dr Marette, c'est la découverte de nouveaux joueurs qui causent la résistance à l'insuline, empêchant donc la métabolisation du glucose. Ces joueurs sont les enzymes iNOS et SHP1, que le laboratoire du professeur a été le premier à identifier. Ces enzymes sont activées par les cytokines. «On pourrait enlever ces enzymes, mais, en biologie, il est rare qu'un facteur soit uniquement délétère ou uniquement bon.» Il est donc préférable de contrôler leur activité qui provoque la résistance à l'insuline, plutôt que de les extraire. Mais pour contrôler ces nouveaux joueurs, il faut d'abord les connaître sur le bout des doigts, ce à quoi s'atelle le Dr Marette.

Nutrition

L'obésité se répand dans la population et atteint les personnes de plus en plus jeunes. Le diabète T2 et les complications cardio-métaboliques associées seront donc plus fréquents et se développeront plus précocement. D'où l'importance de la prévention. Or la nature, dans les aliments, peut nous procurer son lot de nutriments bons contre ce type de problèmes. S'en nourrir dès son plus jeune âge sera un gage de santé.

«Il y a les acides gras oméga-3 et les peptides d'origine marine. Mais il y a aussi des molécules bioactives dans les fruits, dans les plantes, dont on commence seulement à comprendre les bienfaits pour contrer ces problèmes de santé», explique le Dr Marette, qui travaille en collaboration avec des chercheurs en nutrition. Dès que les biomolécules issues de ces aliments particulièrement bénéfiques seront identifiées, il est prévu de les concentrer dans des aliments fonctionnels. Ceux-ci ne sont pas vraiment des aliments, mais plutôt des substances extraites d'aliments et vendues sous forme de supplément. «Les oméga- 3, ce n'est que la pointe de l'iceberg», conclut le chercheur.

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