Lévesque indigné par les méthodes duplessistes

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Avant même de songer à faire le saut en politique, René Lévesque a été marqué par la publication d'un texte qui dénonce les façons de faire électorales sous le règne de Maurice Duplessis.

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Il y a 25 ans, René Lévesque

Politique

Il y a 25 ans, René Lévesque

Il y a 25 ans le 1er novembre, le Québec perdait l'un des premiers ministres le plus marquant de son histoire, René Lévesque. Retour sur son parcours. »

Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) En 1956, avant même de songer à faire le saut en politique, René Lévesque, alors journaliste à Radio-Canada, est marqué par la publication d'un texte qui dénonce les façons de faire électorales sous le règne de Maurice Duplessis.

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon son biographe, Pierre Godin, c'est à partir de cette période que naît son intérêt pour l'assainissement des moeurs politiques. Celui-ci sera par la suite renforcé lorsque, candidat libéral, Lévesque sera lui-même au coeur de l'action en 1960 (voir l'autre texte).

Intitulé L'immoralité politique dans la province de Québec, le manifeste signé par les abbés Gérard Dion et Louis O'Neill et reproduit dans le quotidien Le Devoir, mais d'abord publié dans la revue Ad Usum Sacerdoum, cause une onde de choc. Les deux religieux s'emploient à révéler au grand jour les pratiques électorales peu catholiques qui sévissent au Québec, comme l'achat de votes et le «mensonge systématique».

Aussi journaliste à l'époque, Yves Michaud illustre cette époque d'un slogan qui circulait. «On disait : "Les élections ne se font pas avec des prières"», explique l'ancien député et haut fonctionnaire du gouvernement, qui a été proche de René Lévesque. Il croit que, comme tout le monde, son ami a été indigné d'apprendre les méthodes duplessistes.

Élections de 1956

Louis O'Neill, qui a par la suite été ministre de la Culture sous le gouvernement Lévesque, explique qu'avec son collègue, ils avaient senti l'urgence de tenter de mettre un frein «au spectacle des dépenses» des élections de 1956, où des moyens comme le pavage de parvis d'églises et les dons d'électroménagers aux familles peu fortunées pour gagner des appuis étaient régulièrement employés.

Comme nombre de journalistes, René Lévesque se penche sur la question. «Il s'est mis à regarder autour de lui pour comprendre ce qu'il se passait», affirme M. Godin. Si son émission Point de mire à l'antenne de la télévision d'État est d'abord consacrée à des reportages internationaux, M. Lévesque décide à ce moment-là de faire une place à l'actualité locale et d'interviewer des invités pour discuter des fraudes électorales.

M. O'Neill juge que la contribution de l'ancien premier ministre au changement de mentalités est inestimable et rappelle que le plafonnement des dons à 3000 $ était d'abord perçu comme une avancée démocratique exceptionnelle. «On avait un plaisir de dépenser», explique-t-il, affirmant qu'à l'époque, les dons étaient désintéressés. «On n'attendait rien en retour... sauf la souveraineté», illustre-t-il.

Comme nombre de politiciens, le théologien retraité est convaincu qu'un changement à la loi est nécessaire pour l'ajuster au «niveau de civisme» d'aujourd'hui.

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