Vaccination: «On a très, très bien réussi!» (Dr Alain Poirier)

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Après huit mois sur la ligne de front, le directeur national de santé publique dresse un bilan positif de la gestion de la grippe.

Le Soleil, Erick Labbé

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Grippe A (H1N1)

Santé

Grippe A (H1N1)

Toute l'actualité sur la grippe A (H1N1), de même que ses impacts, tant dans la capitale et l'Est du Québec qu'ailleurs au pays et dans le monde. »

(Québec) «Je ne suis pas gêné de dire que, malgré les critiques, on a très, très bien réussi!» Le directeur national de santé publique, Dr  Alain Poirier, est satisfait de la gestion de la pandémie de grippe A (H1N1) et de la plus grande campagne de vaccination de l'histoire du Québec. Une crise qui a occupé quotidiennement depuis le printemps celui qui est devenu un véritable «Monsieur Grippe» pour plusieurs Québécois.

«Une collègue m'a rappelé que ça fait huit mois qu'on roule à fond de train sept jours sur sept là-dessus», lance en entrevue au Soleil le Dr Alain Poirier, directeur national de santé publique depuis 2003.

À l'heure du bilan, il mesure le chemin parcouru depuis qu'est apparue, à la fin avril, cette drôle de bibitte venue du Mexique. Appelée grippe porcine, puis grippe mexicaine, elle a finalement été rebaptisée A (H1N1) et fait partie de notre vie depuis.  

Huit mois et une vaste campagne de vaccination qui aura coûté au moins 200 millions  $ plus tard, 55  % de la population du Québec avait été vaccinée en date de jeudi. C'est 4,2 millions de personnes. Assez aux yeux du Dr  Poirier?

«Je n'ai jamais avancé de chiffre officiel, sinon qu'on voulait offrir le vaccin à tout le monde. Quand on dit qu'on l'offre à tout le monde, de quoi doit-on se satisfaire? Est-ce que c'est 60, 70, 80  %? Difficile à dire, et j'ai tout le temps hésité à le faire.»

Par contre, le directeur de santé publique se réjouit que les groupes les plus à risque aient répondu le plus massivement à l'appel du vaccin.

«Aussi, si on compare aux autres grandes provinces, on est vraiment parmi les meilleurs», soutient le Dr Poirier. Des plus petites comme Terre-Neuve-et-Labrador ou l'Île-du-Prince-Édouard sont les seules, dit-il, à approcher le taux du Québec. «Mais elles ont l'équivalent de la ville de Longueuil à vacciner!» illustre le médecin au langage souvent coloré.

Aujourd'hui, le Dr Poirier se dit toujours assuré que vacciner dans les grands centres était la meilleure décision. «On aura évidemment à débriefer, mais au global, on est très heureux», indique-t-il. Il reconnaît que des «anecdotes» de gens pas contents perçaient dans les medias. «On a été critiqués, mais on entendait aussi des commentaires positifs. À un moment donné, on se crinque à ça et on se fait une petite carapace quand on entend les médias nous frotter les oreilles un peu. Ça fait partie de la game.»

Fronde

La carapace, elle a dû être parfois bien utile dans ces semaines où la campagne de vaccination a été critiquée de tous les côtés.

Un jour, des médecins souhaitaient vacciner dans leur cabinet. Le lendemain, on réclamait la vaccination dans les écoles. Il y avait les antivaccins, les doses qui n'arrivaient pas et ceux qui trouvaient que le gouvernement en faisait pas mal trop à l'heure où le virus se montrait finalement pas trop méchant.

Des frondes auxquelles le Dr  Poirier a répondu sur toutes les tribunes. Des points de presse quasi quotidiens aux bulletins de nouvelles en passant pas le plateau de Tout le monde en parle, il est devenu l'une des personnalités les plus médiatisées de 2009. Si la crise du verglas a fait connaître le porte-parole d'Hydro-Québec  Steve Flanagan, la grippe A  (H1N1) avait son Dr Poirier!

Composer avec les caméras ne faisait toutefois pas peur à celui qui a par le passé participé à l'émission de santé Comment ça va?

«Quand on fait ce métier, on s'attend à ça. Je suis médecin spécialiste en santé communautaire. La première crise que j'ai gérée était celle de Saint-Basile-le-Grand», lance le médecin de 53 ans à propos des incendies de BPC qui avait nécessité l'évacuation de 3000  personnes en 1988. «C'était très intense. J'étais un jeune médecin qui débarquait sur le terrain. J'ai appris beaucoup», relate-t-il.

Répéter et expliquer est le lot quotidien de la santé publique, dit-il. «Notre métier est d'expliquer 200 fois la même chose. Ceux qui n'aiment pas faire ça ne seront pas heureux en santé publique. C'est le même effort de vulgarisation que celui que font les médecins chaque jour dans leur cabinet, d'ailleurs.»

Et même si le Dr Poirier était sur la ligne de front, la gestion de la pandémie a été un travail d'équipe. «J'étais devant les caméras. C'est moi qui avais l'image publique de ça, mais je n'en avais pas la coordination, je n'aurais jamais survécu!» Il y avait la sécurité civile, la protection de la santé publique, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, que le Dr  Poirier rencontrait à 7h30 presque tous les matins, le ministère de l'Éducation, les commissions scolaires, les agences régionales de santé, les hôpitaux, alouette! «Tout le réseau a été mis à l'oeuvre. À un moment, le travail est devenu très intense à tous les niveaux.»

Une intensité en chute libre maintenant que se tourne la page de la pandémie.

Après le rush, c'est lentement l'heure du retour à une certaine normale et à d'autres dossiers.  «Il y a bien d'autres choses dans la santé publique que les maladies infectieuse et de la vaccination, conclut le Dr Poirier. Tous n'ont pas le même intérêt aux yeux des médias, mais ça, c'est une autre question.»

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