Surprescription de Tamiflu appréhendée

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Le cas de résistance du virus de la grippe A (H1N1) au Tamiflu découvert au CHUL, par l'équipe du Dr Guy Boivin, est le quatrième au monde après ceux du Danemark, du Japon et d'Hong Kong.

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

Valérie Gaudreau

Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) La découverte d'un cas de résistance au Tamiflu remet plus que jamais en question l'usage de ce médicament pour prévenir la grippe A (H1N1).

Le populaire antiviral devrait plutôt être réservé pour traiter les gens déjà atteints, estime le Dr Guy Boivin, qui a découvert ce premier cas de résistance en Amérique du Nord.

«Il ne faut pas paniquer, mais une réflexion s'impose», lance d'entrée de jeu l'infectiologue du CHUL. «Donner le Tamiflu en prévention à tout le monde qui a été en contact avec un cas comme on l'a fait ces derniers mois n'est peut-être pas la meilleure stratégie. Il va falloir réévaluer ça.»

Révélé mardi, le cas découvert par l'équipe du Dr Boivin est celui d'un Québécois de 60 ans dont le fils était atteint du nouveau virus. «Le médecin a prescrit le Tamiflu en prévention [prophylaxie] chez le père, car il avait une maladie sous-jacente», explique le Dr Boivin. «Ce n'est pas mal, ça fait partie des recommandations. Par contre, 24 heures après, le père avait déjà des symptômes. Ça veut dire qu'il avait déjà le virus.»

Or, explique le chercheur, le Tamiflu à titre préventif est administré une fois par jour pendant 10 jours au lieu de deux fois par jour pendant cinq jours en traitement. «Ce sont des plus faibles doses, alors si le virus était déjà là, c'est un terreau fertile pour développer de la résistance.»

Le cas de résistance découvert au CHUL est le quatrième au monde après ceux du Danemark, du Japon et d'Hong Kong.

Mercredi, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a réitéré qu'elle maintenait «une veille vigilante» et qu'elle «étudiait la situation» au lendemain de la découverte du cas de résistance.

L'ASPC réitère aussi qu'elle recommande l'utilisation d'antiviraux pour le traitement du virus H1N1 «seulement dans les cas modérés à graves».

Au ministère de la Santé du Québec, la consigne veut aussi qu'on donne le Tamiflu en priorité aux personnes déjà infectées ou à risque, indique la porte-parole Karine White. «Le ministère recommande aux médecins d'utiliser les antiviraux avec prudence.»

Même retenue prônée par le Collège des médecins, qui, dans son plus récent bulletin professionnel Le Collège, invite ses membres à mettre la pédale douce sur l'ordonnance de Tamiflu. «La prescription d'antiviraux sur la seule base de la demande d'un patient ne saurait constituer une justification d'ordonnance», peut-on y lire.

Diminution des cas

Maintenant que la résistance au Tamiflu se révèle, le défi des chercheurs est de savoir si cette souche résistante se transmettra aussi facilement que la souche initiale. «C'est une question cruciale. On est en train de faire des tests», explique le Dr Guy Boivin.

Malgré tout, l'infectiologue confirme que la grippe A (H1N1) est en perte de vitesse au Québec. Son labo du CHUL, qui analyse les cas de tout l'est de la province, note en effet une importante diminution. «Il y a un mois, on recevait 100 cas par jour et là c'est environ une vingtaine et ils ne sont pas tous positifs.»

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