M. Landry participera lundi à 15h à une table ronde en marge du Forum à l'invitation du réseau Cap sur l'indépendance.
Cette rencontre «complémentaire» au Forum, qui suivra une manifestation organisée par le Mouvement Québec français, se veut une façon d'alerter les participants du Forum «officiel» sur l'état du français au Québec, selon ses organisateurs.
Pour Bernard Landry, cette collaboration n'est pas une critique du Forum. Mais plutôt une occasion de partager sa pensée.
«La diversité culturelle mondiale est une priorité. Le monde ne serait pas aussi riche culturellement s'il n'y avait que deux ou trois langues, expliqueM. Landry. Ma motivation est humaniste.»
Mais pour l'ancien chef du Parti québécois, la politique n'est jamais loin. «Dans le contexte québécois, cette motivation humaniste est aussi une question de durée culturelle, voire politique, pour notre nation. La langue est un facteur majeur dans le destin québécois.»
Le cas de la France
Plus globalement, Bernard Landry est agacé par la prédominance de l'anglais en France. Et il ne s'est pas gêné pour le dire à ses anciens collègues de l'Institut d'études politiques de Paris, alors qu'il a récemment participé à une de leurs assemblées. L'association des anciens élèves avait changé son nom pour le terme anglais «alumni». «J'ai pris la parole et j'ai dit que si j'avais voulu alumni, je serais allé à Harvard! Les plus allumés ont applaudi et sont venus me voir après pour me dire:"Lâchez pas."»
Bernard Landry note aussi qu'en venant à Québec, les 1200 participants du Forum verront une ville dans laquelle le français est bien peu menacé, dit-il. «S'ils viennent sur Sainte-Catherine Ouest», c'est différent, lance-t-il.
Le chercheur Patrick Sabourin de l'Institut de recherche sur le français en Amérique et Éric Poirier, qui travaille à un livre sur la Charte de la langue française, participeront aussi à la table ronde.
La rencontre sera précédée d'une manifestation dont le départ aura lieu à midi aux Jardins Saint-Roch. La soirée se terminera par un spectacle à l'Impérial.