Erreur de serveur 500, erreur 324, serveur introuvable, absence de données, page blanche ou inexistante: la billetterie du Festival d'été de Québec n'a pas été en mesure de répondre à la forte demande initiale hier midi.
Incapable de gérer le trafic, le Festival a même volontairement, après une heure, retiré de son site Web le lien pour acheter les laissez-passer, empêchant du même coup tout internaute de tenter sa chance. «Nous avons retiré l'icône Billetterie du site pour ralentir le trafic», a indiqué le FEQ. «Nous le remettrons dès que ce sera stabilisé.» Le lien est demeuré actif, mais il était masqué.
Le serveur - pourtant amélioré cette année - a connu des ratés dans les toutes premières secondes du lancement de la vente. Plus de 10 800 visiteurs étaient alors à la ligne de départ, soit 30 % de plus que l'an dernier, a justifié l'organisation.
«Même avec tout le travail qu'on fait, l'engouement est plus grand. On a sous-estimé. Tout simplement. Il n'y a pas d'autres réponses que ça», a indiqué un des collaborateurs du FEQ et spécialiste de la billetterie, Serge Grimaux.
Le Soleil a tenté d'acquérir des laissez-passer à l'aide de plusieurs ordinateurs et navigateurs Web et d'une connexion Internet rapide, mais il s'est buté comme bien d'autres à une série de messages d'erreur codés en jargon informatique.
Au bout de 16 minutes, une vraie page Web comportant le logo du FEQ a fait son apparition pour la première fois. Après avoir indiqué l'achat de deux laissez-passer, le serveur a toutefois été incapable de gérer la requête et a tourné en rond, avant de tout simplement réinitialiser le processus d'achat. Le Soleil constatait encore de tels processus d'achat interrompus sans explication près de trois heures après l'ouverture de la billetterie.
Le début laborieux du processus de prévente - exclusivement en ligne et par téléphone cette année - a généré des centaines de commentaires sur les réseaux sociaux.
Des acheteurs ont notamment déploré avoir réussi à compléter tout le processus d'acquisition de laissez-passer pour voir au bout du compte le serveur rendre l'âme en cliquant sur «confirmation».
À fond de train
Le directeur général du Festival, Daniel Gélinas, a soutenu que les ventes se déroulaient à fond de train en dépit des pépins techniques. «Ceux qui achètent, ils sortent dehors et vont faire du ski», dit-il en référence aux nombreux commentaires négatifs laissés sur les médias sociaux. «On a eu beaucoup de ventes, même si c'est lent.»
D'ailleurs, le rythme de vente s'est accéléré en soirée, alors que plusieurs acheteurs mettaient la main sur des laissez-passer. L'accès à la billetterie était plus rapide, et les messages d'erreur ont cédé leur place à un site lent mais fonctionnel. Des billets étaient toujours en vente samedi soir au moment d'écrire ces lignes.
Plus tôt en après-midi, des internautes avaient reproché au rendez-vous culturel estival de la capitale de ne pas confier la vente des laissez-passer à des réseaux établis tels Billetech.
Les réseaux traditionnels de ventes de billets doivent aussi faire face à un achalande monstre lors de spectacles convoités. Cependant, ils affichent rarement des messages d'erreur. Une page Web indique plutôt à l'internaute de réessayer plus tard ou d'attendre son tour dans une salle d'attente virtuelle.
De plus, le processus d'achat n'est pas interrompu une fois enclenché. Une fois le guichet virtuel atteint, la transaction est garantie si complétée dans les prochaines minutes, ce qui n'a pas été le cas pour plusieurs acheteurs hier dans la plate-forme du Festival.
Un succès «exceptionnel»
Le serveur informatique a connu des ratés, mais la vente à l'aveugle a été un franc succès, estime le directeur général du Festival d'été de Québec, Daniel Gélinas.
«Encore une fois, l'engouement est exceptionnel. Ça, c'est une bonne nouvelle», a souligné le grand manitou du festival culturel. «Maintenant, arriver à gérer toute cette demande-là, ça devient toujours un peu plus compliqué», reconnaît Daniel Gélinas.
Pour la première fois de son histoire, le FEQ a vendu ses premiers laissez-passer à l'aveugle, sans avoir annoncé aucun artiste. Et le site Web a été pris d'assaut, dès les premières heures de la mise en vente. «C'est un succès. On est très contents de ça. C'est une excellente nouvelle, soutient Daniel Gélinas. Il n'y a personne au Canada, aucun festival, aucun événement, qui réussit à vendre ses billets avant même d'avoir annoncé des artistes. C'est unique.»