Ni les festivaliers, ni les musiciens n'avaient envie que le concert s'arrête. Le quatuor, qui avait lancé le spectacle sur les chapeaux de roue avec Black Tongue, était en grande forme et le public répondait avec enthousiasme, en dépit des éclairs qui déchiraient le ciel. Les gars avaient prévu interpréter l'album The Hunter, paru l'an passé, en entier, effleurer Crack the Skye (seulement une chanson apparaissait au programme qu'on nous avait remis), de même que creuser dans leurs premiers enregistrements.
Forcés de prendre une pause après Octopus Has No Friends, les Américains ont néanmoins gardé contact avec le public: un des guitaristes continuait de jouer, seul, depuis les coulisses. Mais finalement, les rockeurs ont dû se plier aux directives et sont réapparus sur les planches, un à un, au micro, pour faire leurs au revoir.
«Ils ne veulent pas nous laisser jouer, ils disent que c'est dangereux, que ça va tuer tout le monde, qu'est-ce qu'on fait?» a demandé le bassiste Troy Sanders.
Le guitariste Brent Hinds, pour sa part, a complimenté ceux qui se trouvaient devant lui.
«Vous êtes l'une des meilleures foules devant lesquelles nous avons joué, même le tonnerre vous applaudit!»
Quant au batteur, Brann Dailor, il a promis que Mastodon reviendrait bientôt à Québec. Espérons que ce sera le cas, car on avait là ce qui s'annonçait comme l'un des moments forts de ce festival.
Comme quoi, même avec le meilleur des bands, un événement extérieur ne peut prétendre tourner à plein régime lorsque la météo met des bâtons dans les roues...
Grimskunk
Ça faisait un bail qu'on avait vu les gars de Grimskunk au Festival d'été. Les Montréalais, qui ont récemment lancé Set Fire!, ont eu droit à un parc de la Francophonie chaleureux et bien rempli. Ils ont ouvert avec deux nouvelles chansons, puis se sont appliqués à remonter dans le temps, de l'époque de Fieldtrip, en 1998, avec la bien nommée Gros tas d'marde, jusqu'à Gormenghast (1992). Le quintette n'est peut-être pas un exemple de souplesse vocale, mais il demeure très solide sur le plan musical, à témoins Set Fire To the Nation, Watchful Elms, écrite lors d'un «trip d'acide», de même que Mahmoud's Dream, servie en rappel. Coloré à son habitude, le leader Franz Schuller a dédicacé plusieurs chansons. La mieux sentie aura été pour Le gouvernement songe : «À la gang de ta****** d'épais de crétins qui travaillent derrière nous autres», a-t-il lancé, en référence aux élus du Parlement.