«Bonsoir Québec, je suis content de vous revoir», a lancé d'emblée un Zach Condon souriant, dans un français presque impeccable. Puis, l'Américain s'est lancé dans la très belle Sante Fe, du récent The Rip Tide. Rapidement, on a pu constater que les fidèles de sextuor occupaient environ le tiers du parc de la Francophonie. La portion restante était peuplée de curieux qui, souvent, tendaient à jaser plutôt qu'à tendre l'oreille. Du coup, ça ne levait qu'en partie, qu'importe si on a eu droit à l'attendue Elephant Gun ou à Postcards From Italy. Il faut dire que Condon, qui a confié avoir mangé une poutine dès son arrivée, et ses comparses ont été maladroits pour gagner les festivaliers.
L'heureux mélange de folk, de musique des Balkans, de chanson française et de lignes sud-américaines de Beirut avait de quoi charmer, ne serait-ce que par son côté minifanfare, mais le choix des chansons était discutable. Les gars ont semblé s'en rendre compte à mi-parcours, après deux ballades qui ont tué le rythme du concert : ils ont jonglé avec la séquence de pièces initialement prévues, mais c'était trop peu, trop tard. Seule Nantes a véritablement marché. Graduellement, les lieux ont commencé à se vider. Ça ne s'est pas amélioré quand la bande a décidé d'offrir des rappels lents et nuancés.
Beirut a manqué une belle occasion d'élargir son bassin de fans. À moins que le groupe ne soit tout simplement pas mûr, comme on le croyait, pour une grande scène extérieure...
The Barr Brothers
Les Barr Brothers, qui en étaient à leur troisième visite à Québec en moins d'un an, ont aussi eu un peu de mal à lancer leur spectacle. Certes, les interprétations étaient solides, mais le choix des premières compositions, nuancées, n'a pas permis au show de bien prendre son élan. Ce sont donc les titres les plus musclés, comme Deacon's Son, où Sarah Pagé nous a gratifiés d'un étonnant solo de harpe, et la bluesy I Just Can't Keep From Crying, particulièrement réussie, qui ont le mieux fonctionné.
Harvest Breed
La formation sherbrookoise Harvest Breed, naguère connue sous le nom de Jake & the Leprechauns, a amorcé la soirée adroitement avec sa folk rock aux influences assumées de Neil Young. Le sextuor a bâti d'intéressantes atmosphères, à renfort de guitares de toutes sortes, le tout servi par la voix assurée du leader Charles-Antoine Gosselin. Le répertoire du groupe n'est peut-être pas criant d'originalité, or il compte des titres efficaces, dont Better Day et This Time Yesterday.
Mon itinéraire
Je renoue avec les vétérans du punk rock, The Offspring (22h), sur les plaines d'Abraham plusieurs années après leur passage au Warped Tour. Alkaline Trio (20h35), ainsi que la formation de Québec Mute (19h30) chaufferont les planches.
Mes suggestions
Mes suggestions : Emily Haines et la troupe Metric (21h30) seront au parc de la Francophonie, de même que l'excellente formation Half Moon Run (20h15), qui est en pleine ascension. Hey Rosetta! (19h) sera aussi de la partie.