Pascale Picard était en voix vendredi soir, et toujours l'air d'être branchée sur le 220, comme d'habitude. La jeune chanteuse était manifestement ravie de jouer dans sa ville natale, enfilant avec beaucoup d'enthousiasme les chansons de sa pop-rock inoffensive et dansante en anglais.
Sur les huit premières chansons, la Québécoise n'a placé qu'un seul titre de son méga-succès Me, Myself & Us, Gate 22, qui a été accueilli par des cris de joie dans la foule. En fait, elle a interprété presque l'entièreté de A Letter to No One, sorti l'an dernier. Qu'elle a défendu sur scène avec conviction, d'ailleurs.
Entourée de ses solides musiciens, Pascale Picard avait réservé pour le rappel les gros succès de son premier album, finissant en crescendo son concert avec That Is the Matter et Smillin'!, qui a réjoui les spectateurs. La formation a aussi interprété Strangers des Kinks entre les deux, un choix audacieux.
Était-ce la nervosité? Allez savoir, mais Pascale Picard a répété qu'elle n'avait rien à dire entre les chansons. Il faudrait vraiment travailler les textes de présentation... Ou s'en passer. Faut voir. Y a quand même un petit aspect spontané, qu'on aime bien.
Pascale Picard, qui a assuré la première partie de Paul McCartney en 2008 sur les plaines d'Abraham, a attiré une foule somme toute modeste pour un vendredi soir à la température parfaite pour un spectacle en plein air, même si la place D'Youville était bien remplie. Mais elle remontait sur scène à Québec après son passage récent au Petit Champlain et à Woodstock en Beauce.
Erreur de casting
En début de soirée, on a eu droit à une chaleureuse prestation de Caracol. Sa folk-rock acoustique délicate détonnait toutefois pas mal avec le répertoire de Pascale Picard. D'ailleurs, une bonne partie de la foule a quitté les lieux après la prestation de Carole Facal (de son vrai nom).
On ne peut pas reprocher grand-chose aux interprétations de Caracol. Mais force est de constater que son répertoire, s'il peut faire des merveilles dans le cadre intimiste d'une salle, n'était pas très adapté à une scène extérieure. Et entendre Blanc mercredi un soir de canicule était à tout le moins étrange...
La chanteuse, bustier bleu et jupe noire, a fait des efforts pour embarquer la foule alanguie. Ses chansons en anglais, plus rythmées, ont fait mouche d'ailleurs. Sinon, il faut souligner la grâce des harmonies vocales conjuguées de Caracol avec la bassiste Amélie Mandeville et la percussionniste Audrey-Michèle Simard. Elles évoquaient l'univers de Kate et Anna McGarrigle, en particulier sur Good Reasons et sur Tennessee Me des Secret Sisters.