Dans sa chanson Ice Cream, servie en toute fin de programme, c'est l'amour qui est meilleur que la glace et le chocolat. Justement, il y en avait beaucoup d'amour, vendredi, au Festival d'été. Ça faisait un moment que Mme McLachlan ne nous avait pas rendu visite. Le public de Québec ne l'avait visiblement pas oubliée. Avec l'accueil qu'elle a reçu sur des Plaines bondées, gageons qu'elle aura envie de revenir plus souvent. «Je pense que vous êtes la plus grande foule devant laquelle j'ai joué», a confié, visiblement émue, celle qui sort tout juste d'une série de concerts symphoniques.
Vendredi, en après-midi, elle se promettait de rocker un peu plus pour célébrer la fin de sa tournée. Et c'est ce qu'elle a fait, avec de solides interprétations de Building a Mistery ou de Possession. Cette dernière, particulièrement, a eu l'effet d'une tonne de briques!
La personnalité attachante et la voix toujours aussi impressionnante - même si elle toussotait un peu entre les chansons -, la chanteuse canadienne n'a pas non plus manqué de créer des moments d'intimité. Accueillie avec un grand «aaahhhh!», I Will Remember You en est un bon exemple.
C'est qu'elle sait bâtir un spectacle, Sarah McLachlan. Si elle a interprété quelques titres de son dernier album, Laws of Illusion, c'est à ses succès antérieurs qu'elle a fait le plus de place. Enchaînant coup sur coup Adia, Hold On (frissons), Fear (re-frissons), Sweet Surrender et Possession (re-re-frissons), elle s'est assurée de se faire demander un rappel. Ça tombe bien, il nous manquait encore l'incontournable Angel et la sympathique Ice Cream, qui a permis aux Plaines de chanter un peu. On en aurait pris plus!
Suzanne Vega
Juste avant Mme McLachlan, Suzanne Vega a charmé les Plaines - qui commençaient à être sérieusement remplies - avec un programme varié et tout en nuances : elle s'est faite douce, sensuelle, mélancolique ou franchement rock! Arrivée sur scène avec un chapeau haut-de-forme planté sur la tête, cette autre grande voix féminine a gardé ses classiques pour la fin : les très attendues Luka et Tom's Dinner ont clos une prestation qui aura mis en évidence le pouvoir d'attraction de la talentueuse artiste... Même si tous ne se sont pas montrés très attentifs : c'est aussi ça une foule de festival. Tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu'ils ont manqué!
Kathleen Edwards
La fougueuse Kathleen Edwards a ouvert la soirée de vendredi de magnifique façon. L'Ontarienne nous a servi une bonne dose de folk-rock parfois musclée, parfois intimiste. Maniant la guitare - acoustique et électrique - et le violon avec brio, dotée d'une belle voix patinée, aussi puissante que juste, elle s'est excusée de n'être jamais venue à Québec avant vendredi : «Je suis une mauvaise Canadienne!» a rigolé la conjointe de Bon Iver.
J'aurais souhaité voir davantage de festivaliers à l'avant-scène pour offrir à Kathleen Edwards l'accueil qu'elle méritait : les pro-chaises étaient déjà nombreux, mais le parterre était plutôt dégarni pour sa prestation. Kathleen Edwards devrait nous revenir bientôt pour un spectacle complet. C'est impératif!
Mon itinéraire
Emily Haines et sa bande nous reviennent avec un tout nouvel album de Metric. Je serai au Parc de la Francophonie dès 21h30 pour voir de quoi il en retourne. Juste avant, c'est le folk-rock de Half Moon Run (20h15) et l'indie-rock de Hey Rosetta! (19h) qui seront à l'honneur.
Mes suggestions
Un détour du côté des vétérans de The Offspring devrait s'avérer divertissant. Ils feront résonner leur punk-rock dès 22h sur les Plaines. En début de soirée, c'est la formation de Québec Mute qui lancera les hostilités à 19h30. Si vous avez envie de quelque chose de moins pesant, passez à la place d'Youville en après-midi. Patrice Michaud y sera à 12h30 et Amylie, à 15h30.