«Moi, ça fait 60 ans cette année que je chante. Croiriez-vous ça? Pas moi. C'était ma fête en juin, j'ai eu 50 ans! Ça, c'est un calcul de fille!» a rigolé la reine du country québécois en lançant cette prestation - la première de sa nouvelle tournée -, qui lui a donné l'occasion de revisiter son parcours artistique. De la première chanson qu'elle a interprétée sur scène avec son célèbre père, alors qu'elle n'avait que cinq ans (Un coin du ciel) à quelques titres de son dernier album, Une femme libre, la chanteuse s'est livrée généreusement au public plutôt âgé venu l'applaudir.
Très élégante, toute de noir vêtue, Mme Martel a donc reçu de la belle visite pour son anniversaire. L'ami Paul Daraîche, avec qui elle a notamment entonné À toi Belle..., immortalisée sur le dernier album dans la plus pure tradition country, tout comme le très beau duo avec Pierre Flynn, Nous vivrons, aussi offert jeudi. Comparées affectueusement à «deux petites catins de porcelaine», Mara Tremblay et Annie Blanchard se sont jointes à Renée Martel pour rendre hommage à Kate McGarrigle. Leur interprétation a toutefois été ponctuée de fausses notes et de pépins sonores. D'où j'étais, on peinait vraiment à entendre Annie Blanchard. Dommage.
Si c'était fête, jeudi, au parc de la Francophonie, on ne l'a vraiment senti qu'à la toute fin, lorsque les festivaliers ont enfin quitté leurs chaises pour danser un peu avec leur idole. Visiblement, ils attendaient impatiemment le classique des classiques, J'ai un amour qui ne veut pas mourir. Ils n'ont pas été déçus, chantant fort - et bien à part ça! - avec la fêtée. Tout de suite après, Nos jeux d'enfants est venu clore d'une manière aussi dansante cette soirée qui a pour le reste été plutôt tranquille.
Diane Tell
Un peu plus tôt, Diane Tell a proposé un programme varié aux spectateurs déjà nombreux. Des airs de son dernier album plus folk (dont le rigolo western Il m'chatouille les papilles), un clin d'oeil à l'aventure jazzy de Docteur Boris et Mister Vian et, bien sûr, des incontournables de la plus Québécoise des Françaises (ou inversement) : La légende de Jimmy, Gilberto et l'inévitable Si j'étais un homme, reprise après un faux départ. «Faut que j'accorde ma guitare», a lancé l'énergique chanteuse, qui s'est amusée à placer le mot Québec dans ses chansons et à jouer avec ses accents. Les spectateurs ont semblé apprécier le spectacle, mais pas assez pour réclamer le rappel inscrit au programme.