C'est lors d'une tournée des prototypes de mobilier urbain intelligent en démonstration dans les rues de Paris que le maire de Québec a fait part de sa stratégie. En lieu et place des immenses affiches publicitaires qui pullulent dans la capitale québécoise (il y en a environ 150), il aimerait implanter des écrans numériques qui peuvent à la fois diffuser des messages commerciaux et des informations d'intérêt public. Le passant pourrait trouver à lire sur la température, les restrictions à la circulation, les événements culturels ou les services municipaux, par exemple.
«On investit dans la ville pour mettre des grands panneaux qui la cachent», déplore M. Labeaume. Il voudrait minimalement éliminer cette forme de publicité dans les quartiers centraux, mais se dit prêt à la tolérer en bordure des autoroutes.
Le modèle «parfait»
Dans la capitale française, les écrans numériques - que les Parisiens appellent des «sucettes» - sont montés sur des poteaux et placés à des intersections stratégiques. Le modèle le plus récent, que le maire a qualifié de «parfait», a l'air d'un écran de téléphone intelligent surdimensionné. Y sont publiées des informations sur la ville, mais aussi des photos et des messages envoyés par le biais des réseaux sociaux. Tout le matériel est contrôlé par des fonctionnaires.
«Ça donne une image moderne, c'est propre, c'est relativement discret dans le décor. Et ça ne coûte pas une cenne à la Ville», plaide M. Labeaume, car l'entreprise privée peut déployer le réseau et le rentabiliser grâce à la vente de publicité. Il suffit pour cela d'avoir une masse critique de points d'affichage et de relever le défi des intempéries. On n'annonce pas à Québec comme à Paris...
Le politicien prend sur lui de convaincre les compagnies d'affichage qui possèdent des panneaux-réclames, essentiellement Astral Media et CBS, que «le même argent, ils peuvent le mettre dans d'autres moyens de communication grand public». Il entend en discuter personnellement avec George Cope, président et chef de la direction de BCE, qui vient d'acquérir Astral Media. «Je vais lui dire : "Tes panneaux, je ne les aime pas au centre-ville".»
En 2009, la Ville de Québec avait resserré ses règles d'affichage pour faire disparaître les panneaux-réclames à l'intérieur d'un délai de cinq ans. Les publicitaires ont dénoncé la perte de revenus et la fin des campagnes nationales dans la capitale et fait part de leur intention de contester jusqu'en Cour suprême. Ils n'en ont pas eu besoin. La Commission municipale du Québec (CMQ) a jugé que le règlement interdisant les affiches géantes était non conforme au plan d'urbanisme.
Le maire Labeaume n'exclut pas que la bataille judiciaire reprenne. Même s'il emprunte résolument la voie de la négociation, il a demandé aux services juridiques de la Ville de Québec de voir comment il pourrait interdire la publicité grand format.
LU
Que le nouveau gouvernement français de François Hollande envisage sérieusement l'abandon des trains à grande vitesse (TGV) promis par l'administration Sarkozy. D'ici 2020, 14 nouvelles lignes de TGV totalisant 2000 kilomètres devaient être construites. Mais les quelque 250 milliards d'euros dédiés à ce mégachantier pourraient être requis ailleurs, ont prévenu les ministres du Budget et des Transports de la France. Ils se sont toutefois engagés à terminer les trois projets déjà lancés. La Cour des comptes, l'équivalent du vérificateur général au Canada, avait écrit dans un rapport, la semaine dernière, que les nouvelles lignes «ne sont pas budgétairement soutenables» et que «ni (leur) rentabilité financière, ni (leur) rentabilité socioéconomique, ni (leur) intérêt environnemental ne sont établis».
VU
C'est devenu un réflexe de reluquer les poubelles publiques quand on met les pieds dans une ville historique. Les mots manquent pour qualifier celles de Paris. Il s'agit d'un socle qui fut jadis vert, rouillé à sa base, sur lequel est installé un sac en plastique transparent pour s'assurer que l'on voit bien les bombes que des terroristes pourraient y déposer. Cela fait donc autant de petits dépotoirs à admirer qu'il y a de poubelles. Le maire de Québec, Régis Labeaume, qui a hâte de s'entendre avec le ministère de la Culture sur un nouveau modèle de poubelles pour le Vieux-Québec, a remarqué la simplicité de l'installation. «On dit que c'est laid, mais c'est une poubelle», a-t-il fait valoir, conciliant. Ses hôtes l'ont trouvé très poli, eux qui cherchent le moyen de se débarrasser de cette verrue. «C'est très laid. Si on peut éviter de montrer ça à nos amis...» a soupiré l'un d'eux.
ENTENDU
Parler des compteurs d'électricité intelligents qu'Électricité de France (EDF), principal distributeur d'électricité dans l'Hexagone, veut installer dans 35 millions de foyers. Le système baptisé «Linky» permettra de calculer précisément et en temps réel la consommation des Français, ouvrant la porte à une facturation différenciée. Non seulement les associations de consommateurs s'inquiètent de l'effet des ondes sur la santé, mais elles s'opposent à l'utilisation commerciale des précieuses données qui seront accumulées par EDF, qui n'a pas caché son intention de les vendre. Les syndicats déplorent les pertes d'emplois. Le débat fait rage depuis plus de deux ans. Hydro-Québec, qui a annoncé un projet semblable, n'est pas sortie du bois.