En entrevue au Soleil, le coordonnateur à la programmation, Louis Bellavance, admettait n'avoir aucune idée de ce que serait la réponse de la foule pour ce qu'on a baptisé la soirée ÉlectroFEQ. Preuve que l'audace peut être aussi payante que la nostalgie, les Plaines nous ont paru plus remplies que lors du passage de Lionel Richie.
Il faut dire que Skrillex avait de quoi attirer l'attention. Non seulement est-il la star du moment côté dubstep - ou brostep, comme arguent les mordus - mais il est débarqué avec un spectaculaire dispositif scénique. Aussitôt qu'on a amené sur scène son immense vaisseau spatial qui lui sert de cage de D.J., la foule a hurlé son approbation. Et quand il a démarré la machine, c'était l'euphorie. D'emblée, il a sorti les confettis, puis les projections soignées et les éclairages élaborés. Les canons de fumée ont suivi, les flammes, ainsi que de beaux jeux de lasers de diverses couleurs, pointés vers le ciel.
À travers ça, il y avait bien sûr la musique, remixée ou originale, dont My Name Is Skrillex, que le public a reprise en choeur, Bangarang, où les fans, infatigables, hurlaient, sautaient et levaient les bras, et son remix de Cinema. Tout ça était servi par une sono impressionnante - il doit y avoir quelques tympans K.-O. ce matin... Fidèle à lui-même, le D.J. et producteur a proposé quelque chose de touffu, où l'on changeait régulièrement de rythme et où le dub - tout court - s'est pointé. Il a eu le don de réserver quelques surprises, comme lorsque son vaisseau s'est élevé dans les airs, à mi-parcours.
Au terme du programme, le D.J. à la noire tignasse a hissé bien haut un drapeau québécois où son nom était brodé. Nul doute, il a été adopté...
Foule jeune
C'est une foule jeune qui s'était déplacée pour ce happening riche en basses fréquences : ça variait principalement entre 12 et 25 ans. Mais on a aussi aperçu une faune de clubs rarement vue au FEQ : chic, bronzée et sexy, sur talons hauts, qui a surtout pris la direction de la section VIP...
Il devait y avoir une scène supplémentaire pour l'événement, mais des ennuis techniques ont empêché cette configuration. Aussi, c'est Major Lazer, avec Diplo aux platines, qui a précédé Skrillex. La troupe, augmentée de deux danseuses sexy, a offert un show varié, où on est passé des remix d'Intergalactic des Beastie Boys à Banana Boat Song (Day-O)... Un MC s'est chargé de ne jamais laisser les festivaliers au repos, allant jusqu'à surfer sur eux à l'intérieur d'une grosse boule translucide! Pas d'ennui là...
Pour sa part, l'Allemand Zedd est arrivé avec un D.J. set assez conventionnel. Même si on sentait un peu la recette, ses remix d'Adele ou de LMFAO ont bien marché. L'impressionnant AraabMuzik, qui le précédait, n'a eu besoin ni d'acolytes ni de projections. Adepte de l'échantillonnage, il est maître du Music Production Center (MPC), un engin à partir duquel il crée les rythmes en direct, en pressant à toute vitesse les boutons. Quant à Nobody Beats The Drum, qui a succédé à Marc Rémillard et Mat Moebius, la troupe a fait du bon travail, avec des beats variés et nuancés.
Un premier ÉlectroFEQ bien rempli, donc, qui a sorti le Festival d'été de sa zone de confort de manière rafraîchissante.
Mon itinéraire
Programme rock sur les Plaines avec les vétérans d'Aerosmith (21h35). Si Steven Tyler est en voix, on devrait bien s'amuser. Our Lady Peace (20h05), qui semble avoir renoué avec l'inspiration, sera aussi présent, de même que The Bright Light Social Hour (19h).
Mes suggestions
Beau doublé avec Grimes et Ariane Moffatt à l'Impérial à compter de 20h45, soirée jazz avec Lorraine Desmarais (20h30, 22h30 au Largo) et, surtout, programme électro-rock avec les excellents Plaster (23h30, Cercle).