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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 5 au 15 juillet 2012. »

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Adam Cohen se produisait à l'Impérial tard vendredi... (Photo Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Adam Cohen se produisait à l'Impérial tard vendredi soir.

Photo Le Soleil, Pascal Ratthé

Samuel Auger

Samuel Auger
Le Soleil

Les plaines d'Abraham se vident, les autobus se remplissent, les embouteillages paralysent le centre-ville. Le Festival d'été se couche... mais pas les irréductibles festivaliers, ceux qui prolongent leurs découvertes musicales jusqu'aux petites heures de la nuit.

Le quartier Saint-Roch s'anime bien souvent lorsque les festivaliers désertent la haute-ville les soirs de festival. Pendant que les jeunes fans de LMFAO abandonnaient les Plaines tard vendredi soir, des centaines de festivaliers faisaient la queue pour la prestation quasi nocturne d'Adam Cohen, le fils du grand Leonard.

L'intérêt était tel pour ce folk de fin de soirée que l'Impérial a dû fermer ses portes. Même après 23h, on y entrait encore au compte-gouttes, alors que plus d'une centaine de fans avaient rebroussé chemin, faute de places. Les festivaliers appréciaient manifestement ce dernier concert avant de rentrer à la maison.

Un peu plus loin sur la rue Saint-Joseph, le Largo continue pour sa part de rallier quelques inconditionnels du jazz. La formule est payante (le laissez-passer donne droit à un rabais), et elle n'attire pas nécessairement les plus grosses foules.

Mais pour certains festivaliers, le Largo est tout ce qui compte. «Nous avons notre clientèle qui vient religieusement, qui va regarder jusqu'à six spectacles ici durant le Festival d'été», laisse tomber le coprogrammateur Simon Couillard, entre deux pièces lyriques du duo de John Abercrombie et Marc Copland. «Mais à chaque année, au moins le quart des gens ici font des découvertes et ne sont pas des habitués. Et souvent, ils reviennent!»

Volet intime

«On est souvent dans l'horaire des late-night», poursuit le grand amateur de jazz. «Des gens qui sortent des grands spectacles et qui veulent finir leur soirée avec un verre de vin rouge». Dans l'espace plus exigu du Largo, l'ambiance est au recueillement. Pas un mot. Pas un seul bruit. Même pas de tintement de verre. Par respect pour la prestation en cours, on se lève seulement entre les chansons.

Une expérience de jazz comme en raffole Michel Petit. Ce résident de Limoilou a pourtant fréquenté pendant des années les spectacles grand public du Festival d'été. «Je me rends compte que maintenant, ce qui me convient, c'est le volet plus intime du Festival. Les bains de foule, c'est devenu trop pour moi.»

Il faut dire que Michel Petit avait de quoi sourire samedi soir. Il voyait une idole en John Abercrombie. Ce mélomane avait trimballé avec lui sa collection de vinyles du guitariste, entretenue depuis plusieurs décennies. Il avait même en sa possession un billet de concert pour John Abercrombie au Café Campus de Montréal... daté de 1974.

Et Michel Petit n'a pas eu besoin de camper sur la Grande-Allée pour être aux premières loges. Et on parle ici de vraies premières loges : il était assis à tout juste un mètre du musicien. «Je n'ai jamais été aussi proche! Et en plus, il a donné une performance extraordinaire, avec un doigté et une finesse hors du commun.»

ÉLECTRO NOCTURNE

Il y a les fans qui prennent congé pour être les mieux placés devant Bon Jovi sur les plaines d'Abraham. Et il y a ceux qui font tout pour ne pas rater... une séance électronique au Cercle, au beau milieu de la nuit.

L'ambiance du resto-bar de la rue Saint-Joseph est à des années-lumière de celle du Largo. Pas de lumière douce et de silence respectueux. Ici, les haut-parleurs crachent une montagne de décibels et de basses lourdes. L'électronique règne au Cercle lors du Festival d'été, et les amateurs se passent le mot.

L'endroit se remplit au rythme des mix de Jewish Deli, un collectif de six DJ de la capitale qui réchauffent la salle durant le Festival. Les bracelets et les macarons clignotants côtoient les poignets dénudés des habitués de l'endroit.

Bien après minuit, le dynamique Rich Aucoin fait enfin son entrée sur scène avec bien du retard. Personne ne s'en offusque; le couvre-feu a bien peu d'intérêt dans l'enceinte du Cercle.

Le coloré personnage d'Halifax a finalement peu à voir avec un DJ. Il joue du piano, de la trompette, déploie son parachute pour se lancer dans du bodysurfing - étrange, mais vrai - pendant que son acolyte se déchaîne sur une batterie.

L'électro fait danser. La prestation est énergique et contagieuse. Personne ne semble prendre le concert pour un simple à-côté du Festival d'été.

«Quand je regarde la programmation, je prends mes congés en fonction des spectacles au Cercle», insiste Isabelle Moncion, une résidente de Québec. Pour rien au monde, elle ne ratera le passage sur scène lundi soir de Qualité Motel, le pendant plus DJ de Misteur Valaire. Quand elle ne danse pas sur le plancher du Cercle, Isabelle Moncion se laisse bercer elle aussi par le jazz du Largo.

«Les gens ne savent pas toujours qu'il se passe quelque chose en basse-ville durant le Festival, ajoute la jeune femme. Mais les shows moins connus de la basse-ville sont toujours de qualité et toujours bons.»

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