«J'y suis toujours allée. Pendant longtemps, mon grand frère habitait tout près. J'allais passer la semaine là et je m'achetais la passe. Je me rappelle d'une année où ça coûtait 15 $ et j'étais allée voir je ne sais plus combien de shows. De me retrouver dans cette programmation-là, pour moi, c'est le fun!» raconte-t-elle, ajoutant garder d'excellents souvenirs d'une prestation de Richard Desjardins au parc de la Francophonie. «C'est la seule fois que je l'ai vu en spectacle, se rappelle-t-elle. Tout le monde était assis dans l'herbe et c'était vraiment incroyable l'ambiance qu'il y avait... Les gens écoutaient, ne disaient pas un mot. Oui, c'était dehors, mais on avait l'impression que c'était fermé, qu'on était dans une bulle.»
Après une année charnière, l'auteure-compositrice-interprète montera donc sur la scène de ce même parc ce soir, en première partie de Pierre Lapointe. Lancé en septembre dernier, son premier disque, Sous les arbres, s'est attiré bien des éloges. Avec raison : une voix tantôt feutrée, tantôt aérienne, une plume agile et évocatrice, un folk soigné étonnamment mature pour un premier album.
C'est maintenant au tour des Français de découvrir son talent. Sous les arbres arrivera sur les tablettes dans l'Hexagone en septembre. Il y a quelques semaines, elle y a offert des concerts avec ses musiciens (Philippe Brault et Benoit Rocheleau) en plus de se produire en solo, en première partie du populaire Cali. «Les gens ne me connaissaient pas du tout. Mon disque n'est même pas encore sorti là-bas. J'ai bénéficié d'une écoute incroyable», se réjouit-elle.
Bref, dans les derniers mois, les choses se sont enchaînées plutôt rapidement pour la belle musicienne. Il faut dire qu'elle était prête. Elle a bien pris son temps avant de les graver sur CD, ses compositions. Elle le dit sans gêne, Sous les arbres aurait pu voir le jour un an plus tôt, mais elle a préféré se donner le temps de bien mûrir le son qu'elle cherchait. Avec le recul, elle s'en félicite.
«J'ai pu faire de la scène, résume-t-elle. Ça m'a donné le temps de m'approprier plus mes chansons. Et j'ai acquis beaucoup d'expérience dans l'interprétation. C'est le défi. Dans auteur-compositeur-interprète, le mot interprète est aussi important que les deux autres. On a beau avoir une super belle chanson, si on ne la livre pas sur scène, ça ne donne absolument rien.»
L'angoisse d'écrire
En entrevue, Salomé Leclerc a l'air calme et la voix posée. Elle ne pourrait pas avoir l'air plus zen. Pourtant, au Festival de la chanson de Tadoussac, elle s'est dite un peu angoissée parce qu'elle n'a pas écrit depuis longtemps. Horaire trop chargé?
«Non, j'ai le temps. C'est ça qui m'énerve! a-t-elle lancé. J'ai passé beaucoup de temps à essayer d'écrire à la guitare et au piano. J'ai des idées, mais rien qui aboutit. La dernière chanson que j'ai écrite date d'avant l'enregistrement du premier album. Ça fait plus qu'un an.»
Elle refuse toutefois de trop se prendre la tête. Difficile de s'étonner lorsqu'elle dit que son folk chaleureux, elle le tricote davantage dans les soirées d'automne et d'hiver. «Je suis très saisonnière et je n'écris presque jamais l'été, confirme-t-elle. Alors, comme l'été commence, je ne me mets pas trop de pression. Je me dis que c'est normal pour dédramatiser tout ça.»
Pour Salomé Leclerc, l'été, c'est fait pour jouer. C'est justement ce qu'elle fera ce soir, en ajoutant un percussionniste à sa formation, question d'infuser un peu de muscle à son univers intimiste. Et on ne pourrait vous recommander plus chaudement d'aller y faire un tour.
Vous voulez y aller?
Qui: Salomé Leclerc (en première partie de Monogrenade et de Pierre Lapointe)
Quand: ce soir à 19h
Où: parc de la Francophonie
Accès: laissez-passer
Info: www.infofestival.com