S'il est une année charnière dans la carrière de Bon Jovi, c'est 1986. Elle marque en effet la parution de Slippery When Wet, l'album qui a transformé les musiciens américains en mégastars. Comment expliquer que la troupe n'était pas en vedette lors de sa venue à Québec, cette année-là? Simplement parce que le disque n'était pas encore sorti. Il a été lancé peu de temps après, le 18 août 1986. Le band n'a eu le temps de donner que huit concerts en première partie, tous en sol canadien, avant de devenir la locomotive de la tournée. Le Soleil avait couvert l'événement et il semblait évident que l'ascension de Bon Jovi était imminente.
«Cette jeune formation en a conquis plus d'un, hier soir, et il est fort à parier qu'elle va faire des ravages au Canada dans un proche avenir», avait prédit le journaliste Michel Bilodeau.
Il ne s'était pas trompé: le 15 juillet 1987, le Colisée était plein à craquer pour accueillir le quintette, alors précédé de Cinderella.
Bilodeau, encore présent, écrit: «L'ouragan Bon Jovi était en ville et a tout balayé sur son passage.» Si les fans sont enthousiastes dès le début de la représentation, c'est l'hystérie lorsqu'ils entendent You Give Love a Bad Name. Le leader leur avait réservé une surprise: s'accrochant à un harnais, il avait survolé la foule pour interpréter des morceaux sur une petite plateforme prévue à cette fin. Il est amusant de noter qu'en cette année 1987, on n'avait pas vu pareil enthousiasme depuis le passage de Bryan Adams - un artiste qui, comme Bon Jovi, a renoué avec Québec cette année et a attiré beaucoup de monde...
À sa halte suivante, le 4 juin 1989, lors du New Jersey Syndicate Tour, les gars tournent en compagnie de Skid Row.
Notre collègue Kathleen Lavoie se souvient d'avoir assisté à ce concert - qui avait encore rempli l'aréna - en étant tout près de la scène. Le chanteur avait réutilisé son harnais pour planer au-dessus des fans, tel qu'on peut le voir dans le vidéoclip de Livin' on a Prayer.
Le 8 février 1993, la tournée Keep the Faith semble un peu moins prisée, mais attire néanmoins 7500 fans. Par contre, au lendemain du 19 mai 2001, Le Soleil parle de grandes retrouvailles quand les rockeurs, désormais fort expérimentés, reviennent: 11 500 spectateurs assistent à une performance «comme on a rarement l'occasion d'en voir aujourd'hui».
À en juger l'enthousiasme que suscite le concert de Bon Jovi sur les plaines d'Abraham, cette énième visite pourrait bien être le point culminant de la relation d'amour entre le band et ses fans québécois.
COURTE VISITE À PRÉVOIR
Les membres de Bon Jovi ne devraient arriver qu'aujourd'hui dans la capitale en prévision de leur concert de ce soir sur les plaines d'Abraham. Le guitariste Richie Sambora se trouvait d'ailleurs dans son studio hier soir, bien loin de Québec. Le groupe rock a par ailleurs donné un concert privé samedi soir à Greenbrier Valley, un spectacle où le groupe a atterri à peine quelques heures avant la prestation. Ils sont repartis par avion dès la fin du spectacle.
Avec la collaboration de Samuel Auger