(Québec) C'était tranquille, dimanche soir, au parc de la Francophonie, ainsi que dans les rues de la haute et de la basse ville. L'effet Leloup, sur les Plaines, combiné à l'aimant Iron Maiden, au Colisée? Sans doute. Or, ceux qui sont allés voir Cults, à l'Impérial, ont eu droit à une rafraîchissante dose d'indie pop.
Faisant son entrée dans un savant jeu d'éclairages et de projections, qui le laissait presque toujours dans la pénombre, le duo new-yorkais a immédiatement saisi l'attention de la foule avec Abducted, tirée de son album éponyme. L'univers de Cults est bâti avec finesse : on y trouve à la fois de la profondeur, quelque chose d'accrocheur et des éléments dansants qui se traduisent en spectacle. Et puis la petite voix de Madeline Follin s'insère là-dedans de manière tantôt délicate, tantôt mordante, comme dans la langoureuse You Know What I Mean. À ses côtés, Brian Oblivion fait un excellent boulot aux guitares et aux claviers, tout comme les trois musiciens sur lesquels repose le tandem.
D'un titre à l'autre, la jeune formation s'est distinguée par la précision de ses interprétations et en évitant la redite. Rave On a séduit par ses élans aériens, la très attendue Go Outside par ses contrastes et, en fin de programme, Oh My God par son crescendo. Après 50 minutes de spectacle, Oblivion a prévenu qu'il servait la dernière chanson et ne ferait pas semblant de partir pour revenir. La troupe a tenu parole, même si les deux leaders se sont dits touchés par le bel accueil du public, Follin échappant même un «je t'aime» dans la langue de Molière. On en aurait pris davantage - et la foule qui avait rempli le parterre de l'Impérial aussi...
Décevant k-os
Du côté du parc de la Francophonie, on ne peut dire que k-os a offert un prélude mémorable à la performance de Big Boi. Entouré d'une imposante formation de cinq musiciens, le rappeur canadien a pourtant ouvert de façon prometteuse. Sans perdre de vue ses racines rap, il s'est aventuré en territoire rock, jazzy, funk, électro et pop. Si certains titres étaient réussis, comme Superstarr, EMCEE Murdah ou The Man I Used to Be, d'autres étaient chaotiques, percussions, scratchs et guitares se faisant compétition...
De plus, l'artiste a semblé s'égarer dans les différents styles avec lesquels il a flirté. Du même coup, une bonne partie de la foule, hormis les fidèles rivés à la scène, a perdu de l'intérêt. Le seul qui a toujours retenu l'attention? Son danseur élancé, qui a multiplié les prouesses à chacune de ses apparitions.
Delhi 2 Dublin
Détour du côté de la place D'Youville en début de soirée pour voir les Vancouvérois de Delhi 2 Dublin. Le répertoire du quintette, où les traditions celtiques et moyen-orientales fusionnent avec la musique électronique, est inégal; or, force est d'admettre qu'il fonctionne bien sur scène. La troupe a su retenir beaucoup de festivaliers et les faire danser.