«Pour moi, c'est étrange, les très grosses scènes comme celle des Plaines, observe-t-il. Ce n'est pas ma façon préférée de travailler. J'aime bien l'idée du petit emplacement bondé de monde. J'ai très hâte de revenir au Pigeonnier.»
Au terme de sa tournée Seul au piano, pas encore prêt à faire connaître ses nouvelles chansons, l'auteur-compositeur-interprète a renoué avec sa «famille» musicale, sa Forêt des mal-aimés, bref ses musiciens. Il a concocté un spectacle «spécial», à consonance plus rock, taillé sur mesure pour le plein air. Il l'a présenté le mois dernier aux FrancoFolies de Montréal, c'est maintenant au tour du Festival d'été de l'accueillir.
«Les gens vont venir écouter les chansons qu'ils connaissent, résume le chanteur. Je vais peut-être placer une ou deux nouvelles compositions, mais je n'insisterai pas là-dessus. C'est vraiment pour nous faire plaisir et faire plaisir aux gens. Moi, quand je vais voir [Jean] Leloup, je veux qu'il chante 1990, je veux qu'il chante la grosse Bertha. Je veux qu'il chante les chansons qu'on connaît. Donc, je n'irai pas faire un trip égoïste!»
Nouvel album en 2013
Pierre Lapointe s'est fait plus discret ces derniers temps. Il n'a pas chômé pour autant, entre des allers-retours en France, la musique du film Le vendeur, un spectacle concept avec le sculpteur David Altmejd et la création de ce qui deviendra son prochain album.
«Je suis content parce que j'ai des pièces très fortes. C'est à la fois surprenant et dans la suite logique. Je suis dans une espèce de tournant... Je suis plus vieux!» analyse en riant celui qui vient d'entamer la trentaine... et qui préfère pour le moment garder pour lui le fruit de son travail.
«Tout mon nouveau matériel est prêt, mais je le garde secret, précieusement, ajoute-t-il. J'ai travaillé autrement. J'ai beaucoup, beaucoup écrit depuis 2009. J'ai trop de chansons pour faire un disque, donc on choisit les pièces de façon parcimonieuse. Je n'ai pas envie de les présenter tout de suite. Je suis en sorte de pause depuis un an.»
Pierre Lapointe n'est donc pas pressé de sortir de ce temps d'arrêt. Sa prochaine offrande n'arrivera pas sur les tablettes avant février ou mars. Et il préfère aussi ménager ses apparitions médiatiques d'ici là. «Je ne sens plus l'urgence comme je l'ai ressentie pendant pratiquement 10 ans, explique-t-il. J'ai essayé plein de choses et là, j'ai le goût de prendre ça plus relax. Je pense que c'est nécessaire dans une carrière d'artiste de prendre son temps et, pour une fois, de ne pas sortir un disque aux deux ans.»
Des idées qui percutent
Quand on regarde ses propositions artistiques des dernières années, elle semble bien loin l'époque où Pierre Lapointe nous faisait découvrir son Columbarium caché derrière un personnage hautain. Friand de danse contemporaine et d'arts visuels, Pierre Lapointe se plaît à incorporer des univers hybrides à sa proposition musicale, quitte à dérouter un peu. «Je pense que les gens m'ont suivi depuis toutes ces années à cause de ça, avance-t-il. Quand j'arrive avec une idée, ça percute. On n'aime pas toujours, mais on sent qu'il y a une cohérence et il y a un respect qui découle de ça parce que les gens sentent que le projet est intègre.»
Si sa réflexion sur son prochain album et sa prochaine tournée n'est pas terminée, on peut s'attendre à ce qu'il nous étonne encore. «Sur le disque, oui, il y a certainement des choses qui vont surprendre, prévoit-il. Mais je ne fais même pas exprès. Ce n'est pas calculé. Je suis dans une famille d'amis avec des danseurs contemporains, avec des artistes en art contemporain, avec des gens de théâtre, avec des musiciens... Je suis dans un milieu extrêmement curieux et sans s'en rendre compte, on finit par avoir des envies et des réflexes un peu en marge.»
Pour Pierre Lapointe, la clé est là: une créativité débridée, une équipe qui le soutient et un public fidèle et ouvert... De quoi mettre en confiance et cultiver l'indépendance et la liberté. «Au début, dans l'industrie, on me disait que j'allais me casser la gueule, que les gens n'allaient pas me suivre, raconte-t-il. Finalement, c'est ce qui fait que ç'a marché. Si je me compare avec des amis qui sont en France ou qui travaillent dans d'autres domaines, oui, je peux dire que je jouis d'une grande liberté.»
Vous voulez y aller?
Qui: Pierre Lapointe
Quand: le 9 juillet à 21h30
Où: parc de la Francophonie
Accès: laissez-passer
Info: www.infofestival.com