Le français d'abord!: une langue et toutes ses couleurs

Geneviève Bouchard
Le Soleil

(Québec) La famille musicale francophone était réunie jeudi sur la scène des plaines d'Abraham, en ouverture du 45e Festival d'été. Et comme chaque fois qu'on invite la parenté, il faut s'attendre à ce que les discussions partent dans tous les sens. C'est un peu ça que nous a offert Le français d'abord! : un spectacle qui ratisse large, propice à quelques moments magiques, mais peut-être un peu trop poli pour laisser le party vraiment lever.

De grandes chansons, certaines un peu moins connues... Des artistes chouchous du public (Marie-Mai et Grand Corps Malade ont à mes oreilles remporté la palme), d'autres qui se sont laissés découvrir (Christophe Willem et son timbre surprenant!). De la pop, du reggae, du country, des accents latins, des percussions endiablées. Il y en avait résolument pour tous les goûts dans cette soirée qui soulignait à la fois le début du Festival d'été et la fin du Forum mondial de la langue française.

Ne pouvant être présente en personne, Céline Dion a ouvert les festivités par vidéo et a témoigné de son amour de la langue de Molière. Charles Aznavour a fait de même un peu plus tard.

Les organisateurs nous avaient promis un beau moment avec la livraison du texte écrit par Grand Corps Malade spécialement pour l'occasion. Ils ne nous avaient pas menti. Avec Ta famille, le slameur a créé un texte fort, bien d'actualité. «Lors du Printemps arabe personne ne l'a fait taire et elle servira l'Afrique dans sa douce ascension», dit notamment le poème mis en relief jeudi par une douzaine de jeunes venus du Liban, du Canada (dont une participante innue), de la Tunisie, de l'Inde, du Mexique, de la Moldavie et de la Roumanie. Chacun chez eux, ils se sont filmés en récitant les vers de Grand Corps Malade. De les voir dans leur environnement et d'entendre leurs accents se superposer a contribué à brosser le portrait le plus touchant de la famille francophone. Pas trop loin derrière, le pot-pourri de fermeture, élaboré autour de La langue de chez nous d'Yves Duteil, a aussi permis au français de se déployer sous toutes ses coutures et de toutes ses couleurs.

Coups de coeur

Au chapitre des coups de coeur, notons la douce folie de Cali, qui s'est offert avec Luck Mervil et la percussionniste Mélissa Lavergne une électrisante version de 1000 coeurs debout. «Est-ce que tu sens l'odeur délicieuse de la liberté?» a chanté le Français en pointant le carré rouge épinglé sur son veston. Le métissage le plus efficace revient à Zachary Richard et à Angélique Kidjo qui ont donné tout un swing à Travailler c'est trop dur. Le clin d'oeil le plus rigolo, c'est Lynda Lemay qui l'a offert avec ses Maudits Français (désolée pour les animateurs-humoristes Stéphane Rousseau et Claudia Tagbo).

Ce n'est certainement pas l'énergie qui a manqué jeudi sur la scène des Plaines. Est-ce à cause du format un peu rigide et passablement décousu imposé par la captation télé? Peut-être devons-nous blâmer les engourdissantes chaises de parterre? Une chose est sûre, si le français a été célébré jeudi, c'est d'une manière plutôt calme et posée.

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