Q. Une photo d'archives de George Chuvalo sert de visuel pour Curve, et on peut entendre sa voix sur la pièce Mettle. En quoi ce boxeur vous a-t-il inspiré?
R. Pendant que cet album prenait forme, on menait une sorte de combat pour réinventer notre son et revoir ce que signifie le groupe. Et puis juste d'être dans le milieu du showbiz constitue un combat en soi, alors je sentais qu'il y avait beaucoup de parallèles entre le monde des artistes - qu'ils soient peintres, poètes ou autres - et celui des boxeurs. [...] On est entrés en contact avec George Chuvalo par l'entremise d'un site Web, puis de son fils et de sa femme, qui nous a invités. Il nous a donné cette photo, et tandis qu'on travaillait sur Mettle, j'ai dit aux gars que ce pourrait être génial de faire de la place à George sur la chanson, car chaque fois qu'on le rencontrait - il a 74 ans et a mené 90 combats -, il nous parlait avec sagesse. On l'a donc enregistré et on a inséré des portions de son discours...
Q. Vous semblez avoir des affinités avec les gens plus âgés que vous. Je songe à Saul Fox, dont le visage s'est retrouvé sur plusieurs de vos pochettes, ou à l'inventeur Ray Kurzweil, qui est au centre de Spiritual Machines...
R. On a toujours puisé notre inspiration chez des gens en dehors du milieu. C'est facile de dire : j'adore Neil Young, Lou Reed, Dylan ou Leonard Cohen - et justement, je les adore -, mais c'est intéressant quand c'est aussi en dehors de la musique.
Q. Une autre rencontre à teneur sportive a été avec le lutteur Chris Benoit pour la chanson Whatever. Ça s'est obscurci quand Benoit s'est suicidé après avoir enlevé la vie de sa femme et de sa jeune fille. Plus question de jouer cette pièce?
R. Je n'ai jamais été un grand fan de lutte, mais notre batteur, Jeremy [Taggart], l'était. On nous avait demandé de faire cette chanson, sans toutefois nous tordre le bras. On l'a faite, et c'était une pièce correcte, mais pas une de nos favorites. On a eu la chance de rencontrer Chris, il a été très gentil lors du dîner où on l'a vu, mais l'histoire a pris un tournant tragique. Je ne me verrais plus chanter cette pièce.
Q. Avec les années, Our Lady Peace est devenu un groupe très populaire. Y a-t-il eu un moment où vous vous êtes éloignés de ce que vous vouliez faire pour répondre aux attentes?
R. Je crois qu'on n'a jamais fait ce que les gens attendaient de nous. Avec le recul, il y a peut-être des décisions, je ne dirais pas dont on est gênés, mais qui n'étaient pas les bonnes. Travailler avec Bob Rock pour deux albums, ça nous a donné les plus grands succès qu'on n'a jamais eus, mais c'était aussi une grande aventure pour nous. On sortait de Spiritual Machines, qui était expérimental, et on a fait ce disque avec Bob, plus cru, plus rock et pour les gens, ç'a peut-être été difficile à comprendre, mais pour nous, c'était un grand virage à gauche. Aujourd'hui, on est revenus plus près de ce qu'on veut faire. Curve donne peut-être une indication du chemin qu'on empruntera pour les trois prochains enregistrements...
Vous voulez y aller?
Qui : Our Lady Peace
Quand : jeudi à 20h05
Où : plaines d'Abraham
Accès : laissez-passer ou billet quotidien à 30 $
Info : www.infofestival.com