«C'est très technologique cette année», exprime le grand manitou du Festival d'été de Québec (FEQ), Daniel Gélinas en parlant de son événement quelques heures avant le coup d'envoi. «Il y a beaucoup d'écrans LED [DEL] partout. Il y en a deux au parc George-V, nos kiosques d'information en ont aussi, bref le soir, la Grande Allée aura des allures de Time Square. L'évolution technologique suit. L'écran LED est un équipement standard à toutes nos scènes.» Le directeur général souligne que les installations sont impressionnantes cette année, notamment du côté des plaines d'Abraham.
Tous les laissez-passer réguliers et avant-scène ont trouvé preneurs cette année. Des billets quotidiens sont en vente, sauf pour le concert de Bon Jovi présenté lundi soir sur les plaines d'Abraham. La zone des spectateurs du parc de la Francophonie a été agrandie, car par les années passées, plusieurs festivaliers devaient écouter le spectacle de leur artiste favori de la rue faute de place. «On pense aller chercher 1000 à 1500 personnes de plus», fait remarquer Daniel Gélinas. «Ça ne veut pas dire que ça ne va pas déborder certains soirs. Le site peut contenir 8000 personnes. Il nous manque un 15 000 places.» Il ajoute qu'un aménagement pourrait être possible avec le parc George-V éventuellement.
Pour celui qui est en charge de la programmation cette année, Louis Bellavance, le début du FEQ est l'aboutissement de 15 années de travail en organisation de festivals. Il semblait plutôt calme, hier en fin de journée à la salle de presse de l'événement, alors que les derniers préparatifs du spectacle d'ouverture Le français d'abord! étaient en cours. «Ce festival-là est plus gros que la ville, alors c'est un rêve pour le programmateur de travailler dans un contexte comme ça», confit-il. «Le FEQ ramasse plusieurs créneaux de festivals existants voire celui de Juste pour rire avec le volet des arts de la rue. Tout ça ensemble, c'est inusité pour quelqu'un qui fait ce métier-là, de se faire confier un mandat aussi large que ça.»
Organisation complexe
Le FEQ a de la compétition lorsque vient le temps d'organiser son calendrier de spectacles. La saison des festivals s'étend bien au-delà de la province. Les artistes sont sollicités autant aux États-Unis qu'en Europe. «Déjà à l'automne jusqu'en janvier, des noms ne sont plus disponibles, raconte Louis Bellavance. La vraie compétition, c'est l'Europe et l'Amérique du Nord. L'Europe est très fort, car les organisateurs d'événements là-bas paient plus que nous. Nous sommes un joueur là-dedans. Nous ne sommes pas un pion. Notre offre sur un artiste peut faire en sorte qu'il organise son agenda en fonction de nous.»
Organiser le calendrier des spectacles est donc un tour de force pour le FEQ, qui mise, encore une fois cette année, sur l'achalandage. «On veut avoir du monde tous les soirs», souhaite Louis Bellavance. Je veux que les gens parlent avec nostalgie du FEQ 2012.
En attendant de voir si les festivaliers seront au rendez-vous, Daniel Gélinas et Louis Bellavance ont bien hâte au spectacle Le français d'abord! ce soir sur les plaines d'Abraham, où Grand Corps Malade devrait présenter une prestation époustouflante, selon eux. «On a un maudit beau show cette année», conclut le directeur de la programmation.
The Wall télédiffusé?
Tout comme l'ont été les spectacles de Paul McCartney, Céline Dion ou Sting, des pourparlers sont en cours pour que soit télédiffusé The Wall de Roger Waters le 21 juillet.
Le temps presse toutefois et aucune entente n'est encore sur la table. «On est là-dessus, on essaie de voir, mais on n'a pas de réponse et il commence à être tard», signale Daniel Gélinas. «On essaie d'attacher du partenariat là-dedans et on veut le faire de façon mondiale. Il y a plusieurs contraintes. Ça peut être possible. McCartney, ça s'est décidé six jours avant le show.»
Sinon l'équipe responsable de filmer le documentaire de la tournée The Wall est déjà arrivée à Québec. Les admirateurs de l'artiste pourront donc se rabattre sur ce documentaire pour voir des extraits de la performance de Roger Waters à Québec.
Les dirigeants du 3 E, filiale du Festival d'été qui produit le spectacle de Roger Waters, invitent les gens à envoyer des mots significatifs pour eux qui seront inscrits sur l'immense mur de 728 pieds qui servira de décor au spectacle. «On a comme mandat de graffiter la partie supplémentaire du mur», mentionne Daniel Gélinas. «Ça va être spectaculaire, car l'équipe de Roger Waters veut que ça ressemble à la Grande Muraille de Chine. C'est ambitieux», conclut-il.