Festival d'été: les coulisses de l'époque

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Olivier Parent

Olivier Parent
Le Soleil

(Québec) Le premier Festival d'été s'est échelonné du 28 juin au 17 juillet 1968. À côté de ces trois semaines complètes, les 11 jours actuels semblent presque de la petite bière. Les activités se déroulaient surtout en soirée, bien que certaines pièces de théâtre avaient lieu en après-midi. Le théâtre, la chanson, le cinéma, l'opéra, la musique classique et la danse composaient le menu des festivaliers, avec plus de 50 spectacles aux multiples représentations.

Activités mur à mur

Le Festival devait occuper principalement la cour intérieure du Petit Séminaire, et l'organisation avait prévu le coup en cas de pluie, en ayant à sa disposition des salles à l'Institut Canadien et au Palais Montcalm. Divers lieux du Vieux-Québec devaient aussi être animés de façon ponctuelle, notamment la place Royale, la cathédrale Holy Trinity, la Maison Chevalier et le cinéma d'art et d'essai Studio 9 (où logeait le comité organisateur).

Lancement dans l'urgence

Une première ébauche de la programmation est dévoilée le 7 juin 1968, moins de trois semaines avant son lancement. À la mi-juin, le ministre des Affaires culturelles de l'époque, l'unioniste Jean-Noël Tremblay, se montre «très sympathique» au Festival afin de préparer le terrain au Grand Théâtre alors en chantier, rapporte-t-on dans les médias. Une semaine plus tard, le gouvernement provincial et la Ville de Québec octroient une subvention de 12 000 $ au Festival d'été. À quelques jours de son ouverture, Jacques MacDonald est nommé président du conseil d'administration.

Côté cour (du Petit Séminaire), côté jardin

Le théâtre occupait une large part du premier programme du Festival d'été. Huit productions théâtrales avaient été prévues, dont la comédie Love, de l'Américain Murray Schisgal, adaptée au cinéma un an plus tôt. La pièce qui est toujours jouée à travers le monde avait été «bien reçue par la critique impitoyable de Québec», avait rapporté le Journal des vedettes. Le volet théâtral était le seul à compter sur du contenu international : une pièce du Théâtre Delta, une jeune compagnie de Bruxelles qui a enchanté les critiques de l'époque. La troupe de l'ancien théâtre La Fenière, le Théâtre du Tournesol - qui semble le précurseur du théâtre jeunesse des Gros Becs - ainsi que Les Gesteux étaient elles aussi à l'oeuvre. Finalement, le mime Marc Doré avait attiré les curieux avec sa troupe, tandis que le comédien Gilles Pelletier avait livré un récital de poésie.

Pas de vedette musicale, mais...

Au rayon des propositions musicales, le Festival d'été de 1968 était loin de faire place aux artistes populaires de l'époque, comme il le fait aujourd'hui. Les mélomanes avaient néanmoins de quoi se contenter avec des chansonniers, des spectacles de jazz, un concert classique regroupant 45 musiciens ainsi qu'un concert de la Société de musique de chambre de Québec. Trois concerts avaient été préparés pour célébrer le 300e anniversaire de naissance de François Couperin, un illustre claveciniste français. C'est sans compter les chorales qui ont ouvert le Festival accompagnées de danseurs folkloriques et la soirée de clôture réservée à l'opéra.

La fleur, ancêtre du macaron lumineux

Avant le macaron et son petit point rouge lumineux, il y a eu la fleur fuchsia et blanc. On parlait alors de «papillon» et non pas de macaron. La fleur circulaire avait été distribuée dans les rues de Québec pour faire connaître le nouvel événement. Comme la majorité des activités étaient gratuites, à l'exception de quelques spectacles dont le prix des billets n'excédait pas un dollar, l'ancêtre du macaron servait aussi à amasser des fonds que l'on versait aux artistes qui avaient participé bénévolement à l'un des spectacles. Signe des temps, c'est le comité féminin du Festival qui s'était chargé de la vente des «papillons».

La boule de cristalde Jean Royer

Le 8 mai 1968, avant même que les détails sur le Festival d'été soient connus, le poète et écrivain Jean Royer sort sa boule de cristal en écrivant, dans le défunt journal L'Action, qu'«un festival de Québec pourra, à plus ou moins longue échéance, devenir international». Quarante-cinq ans plus tard, force est de constater qu'il a vu juste.

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