Race Horse Company : cirque nordique sans artifice

Les  jeunes artistes évoluent dans un décor de... (Photo Race Horse Company)

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Les  jeunes artistes évoluent dans un décor de garage à l'abandon jonché de pneus, de ballons et de planches de bois, sur fond de musique électro.

Photo Race Horse Company

Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) À l'heure où les compagnies de cirque rivalisent d'ingéniosité pour intégrer les autres formes d'art à leurs spectacles, Race Horse Company a décidé de revenir à la base. Avec Petit mal, les membres du trio finlandais présentent une performance physique débridée basée sur leurs habiletés respectives. Le Festival d'été de Québec les accueille en première nord-américaine, avant leur passage à Montréal complètement cirque.

Petri Tuominen, Rauli Kosonen et Kalle Lehto, fin de la vingtaine, ont uni leurs forces en 2008, après avoir étudié et gravité dans l'univers du cirque européen. Le trio ne se reconnaissait pas dans ce qu'il voyait sur scène. «On se disait: pourquoi personne n'est capable de faire juste du cirque? Pourquoi ajouter de la danse ou du théâtre? Nous sommes le produit de notre histoire et de notre culture. Nous voulons présenter quelque chose de plus naturel et personnel», explique Petri Tuominen en entrevue téléphonique. Comprendre avec beaucoup de testostérone et la nonchalance nordique.

Le trio aborde le cirque sans se poser de questions - il laisse aux spectateurs le soin d'extrapoler sur la signification de ce qu'ils voient. Trampoline, mât chinois et acrobaties sont au menu, mais aussi du breakdance, gracieuseté de Kalle Lehto. Le terrain de jeu de Race Horse Company? Simplicité volontaire oblige, les trois jeunes artistes évoluent dans un décor de garage à l'abandon jonché de pneus, de ballons et de planches de bois, sur fond de musique électro.

«Nous voulions présenter quelque chose de différent, être honnêtes.» Un spectacle qui sent la sueur et l'effort. Cette approche sans compromis, une esthétique basée sur le chaos, l'humour et la surprise, semble assez bien leur réussir, puisque Petit mal a dépassé le cap des 140 représentations en Europe et en Australie.

Humour noir

Les fondations de Petit mal, mis en scène par Maksim Komaro, le fondateur du Circo Aereo d'Helsinki, sont l'humour noir et les collisions. La performance confronte les formes traditionnelles, la poésie et les mouvements gracieux du cirque contemporain par l'entremise de l'aléatoire, de l'onirisme et de la menace de la violence. «Petit mal représente une partie de notre culture et de notre monde qui se désintègre.»

Petit mal? «C'était un titre de travail», rigole Petri Tuominen, qui est aussi le directeur de la compagnie. Il fait référence aux absences, causées par l'épilepsie enfantine, où la personne perd toutes références spatio-temporelles pendant un court laps de temps. Par extension, c'est l'état d'ébahissement dans lequel Race Horse Company veut plonger le spectateur.

Comme souvent, le titre temporaire est devenu permanent. Les Finlandais en aimaient bien la sonorité et «c'était plutôt difficile à traduire en anglais», constate Petri Tuominen. Pour tout dire, le trio aime bien ne pas trop bousculer les choses une fois celles-ci en place.

Même après deux ans, son deuxième spectacle n'a pas tellement changé. «Il durait 70 minutes et il dure encore 70 minutes. Nous essayons de le conserver comme il était au moment de sa création. Sinon, il va perdre ce qui faisait son originalité au départ pour devenir complètement un autre spectacle.»

À la conquête du monde

Évidemment, c'est plus facile à 3 qu'à 10. Trois? C'est un peu inhabituel, non? D'autant que la Finlande, malgré ses six millions d'habitants, compte sur deux écoles de cirque et plusieurs troupes. «C'est en croissance», confirme l'acrobate. Mais «on n'avait pas d'argent à offrir, admet-il candidement. C'est difficile de recruter. L'avantage, c'est que la production coûte moins cher et qu'elle est plus facile à vendre. Donc, plus facile à tourner aussi».

Or, l'objectif de la compagnie a toujours été de partir à la conquête du monde, rien de moins. Race Horse Company compte beaucoup sur ses prestations au Québec pour lui ouvrir les portes de l'Amérique du Nord. «C'est l'objectif.»

Petit mal ne laisse en tout cas pas indifférent. Télérama a bien aimé : «Sans complexes, ils envoient balader tous les prétextes dramaturgiques: ils sont simplement là, avec une nonchalance spontanée quand ils n'assurent pas leurs numéros, et une sérieuse envie de se frotter aux risques de l'acrobatie quand il le faut.» The Guardian aussi: «[...] électrique, sauvage et incontrôlable.»

Les Finlandais verront où les mène cette tournée. En attendant, le trio travaille sur Circles, un spectacle adapté aux enfants qu'il présentera à l'automne en Europe.

Vous voulez y aller?

QUOI: Petit mal

QUI: Race Horse Company

QUAND: du 5 au 8 juillet, 20h30

OÙ: Théâtre de la Bordée

BILLETS: laissez-passer du Festival ou 10$ à la porte

Info : www.infofestival.com

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