Cette année encore, rares ont été les salles combles à l'Agora. En fait, il a fallu attendre le tout dernier spectacle, celui de Rise Against à la fin septembre, produit par evenko, pour voir le public accourir.
Au mieux, les lieux ont été remplis à moitié; au pire, quelques centaines de fans étaient au rendez-vous, comme lors du passage de Seether. On a même dû annuler les concerts de Don Felder et d'April Wine. Un scénario qui rappelle ce qui s'est passé en 2010, où Green Day, avait été le seul groupe à remplir l'amphithéâtre extérieur, attirant à lui seul près du cinquième de toute l'assistance de cet été-là, soit 50 000 personnes...
Hormis quelques locations, c'est majoritairement la filiale du Festival d'été de Québec, Inter-Nation-Art, qui s'est chargée de la programmation pour une deuxième année consécutive. Pour l'instant, le directeur général du FEQ, Daniel Gélinas, ne veut pas commenter la situation. Il a récemment rencontré les administrateurs du Port de Québec pour leur présenter son bilan et ses recommandations et il préfère attendre leur décision afin de faire des déclarations.
Du côté du Port, on a indiqué qu'il n'y aurait pas de sortie publique avant 2012.
«Le Festival d'été est encore intéressé à gérer l'Agora, mais à certaines conditions», a pour sa part précisé la porte-parole du FEQ, Luci Tremblay.
Éponger le déficit
On comprend qu'Inter-Nation-Art, qui s'était engagé à éponger les déficits de l'Agora du côté de la gestion, n'a plus envie d'en faire autant. Rappelons que la saison 2010 s'était soldée avec un manque à gagner de plus de 250 000 $. M. Gélinas et son équipe souhaiteraient donc risquer moins dans l'aventure et voudraient que le Port de Québec se trouve d'autres sources de financement.
«On estimait qu'une seule année [de gestion] n'était pas suffisante pour faire une évaluation maximale de la situation. C'est pourquoi on a fait deux saisons [à l'Agora]», explique Mme Tremblay.
Depuis qu'elle est revenue à la vie à grands frais, avec l'injection de 17 millions $, l'Agora est ironiquement demeurée moribonde. Durant l'année 2008, les ennuis techniques avaient volé la vedette aux spectacles. Bilan financier : pertes de 528 000 $. En 2009, c'est l'offre anémique qui avait retenu l'attention, avec ses trois spectacles. Bilan financier : pertes de 100 000 $. Les chiffres pour 2011 ne sont pas sortis, mais il semble évident qu'en quatre ans, on aura dépensé 1 million $ sans voir poindre un soupçon de profit à l'horizon...