La présidente du conseil d'administration, Nancy Savard, et le directeur général Daniel Gélinas étaient tout sourire, mardi, en dévoilant les statistiques du 44e Festival d'été de Québec (FEQ).
Il faut dire qu'une hausse de 2,2 millions $ en revenus de billetterie, c'est costaud. Si on ajoute à ça le rayonnement du spectacle Paris-Québec sous les étoiles, regardé par 1,8 million de téléspectateurs en France, et les 14 % des festivaliers locaux qui ont pris leurs vacances expressément pour apprécier l'événement, il y a de quoi dresser un bilan positif.
Et quand Daniel Gélinas voit que 94 % des festivaliers sont satisfaits de leur expérience, en dépit d'épisodiques critiques sur l'importance du contenu francophone, il ne peut s'empêcher de dire : «Moi, des critiques, je n'en vois pas de notre public, c'est ça qui est important.»
Le FEQ a désormais un budget de 22 millions $, constitué de 60 % de revenus autonomes, de 25 % issus du privé et de 15 % du financement public.
En quête d'équilibre
Aussi reluisantes soient-elles, les statistiques trahissent que ce n'est pas une majorité de spectacles qui ont fait courir les foules. L'achalandage a chuté à 1,2 million $ de visites, tandis que le nombre de festivaliers est resté assez stable, passant de 327 900 en 2010 à 311 000 cette année. Les deux gros pôles d'attraction de 2011 ont été Metallica et Elton John.
«Il y a deux spectacles qui ont polarisé l'achalandage, ce qui fait qu'il y a beaucoup de gens qui sont venus juste pour un de ces deux shows-là, ce qui a fait baisser le nombre de visites», explique M. Gélinas.
Malgré les ventes impressionnantes de laissez-passer (environ 153 000), de cartes Zone avant-scène (1600), de billets d'un jour (plus ou moins 12 000) et de loges d'entreprise, ce qui témoigne d'une forte demande, il n'est pas question d'augmenter le nombre de macarons et de bracelets en circulation en 2012. M. Gélinas estime qu'il y a eu des situations où les lieux étaient bondés et il ne souhaite pas indisposer le public outre-mesure. Son défi? Mieux répartir l'offre.
«On va essayer d'équilibrer, au niveau de la programmation, pour qu'on ait plus 75 000 personnes chaque soir [plutôt] que peut-être 120 000 deux soirs et 30 000 ou 40 000 les autres soirs. Après, on va travailler sur les billets quotidiens [...] pour faire en sorte que les gens puissent venir quand même...»
M. Gélinas préfère ne pas se mouiller sur le prix du prochain laissez-passer. Si son organisation peut faire fi d'une augmentation, elle le fera, assure-t-il.
Du reste, on peut s'attendre à ce que la mouture 2012 de l'événement soit une suite logique à celle de 2011. Le système de mise en vente sera le même, bien que le FEQ cherche des moyens, par l'entremise de forfaits, pour que les visiteurs de l'extérieur ne soient pas pénalisés par les ventes rapides, comme ç'a été le cas cette année, lorsque les laissez-passer se sont envolés en 10 jours. D'ailleurs, c'est encore et toujours les gens de la région (69 %) qui sont friands de l'événement, bien que des touristes (31 %) y aient pris goût.
Le 45e Festival d'été se tiendra du 5 au 15 juillet.