Objectif du Festival d'été: garder le cap

Cette année, ce sont les Black Keys qui... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Cette année, ce sont les Black Keys qui ont rempli la case des vedettes de l'heure sous la bannière indie rock. Le public de Québec a d'ailleurs très bien démontré qu'il était mûr pour découvrir ou apprécier de grands noms de ce genre.

Le Soleil, Yan Doublet

Dossiers >

Festival d'été

Arts

Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 5 au 15 juillet 2012. »

(Québec) En programmant les Black Eyed Peas, Rammstein et autres Iron Maiden, l'an dernier, le Festival d'été de Québec (FEQ) avait démontré qu'il pouvait rivaliser avec maints événements internationaux. Restait à voir s'il pouvait garder le cap. Sans être parfaite, la 44e présentation du FEQ a certainement été prometteuse en ce sens.

Elton John a offert un des deux méga-concerts,... (Le Soleil, Steve Deschênes) - image 1.0

Agrandir

Elton John a offert un des deux méga-concerts, avec Metallica.

Le Soleil, Steve Deschênes

Les programmateurs des grands festivals ne le cachent pas : l'année 2011 leur a fait la vie dure, l'offre musicale étant passablement mince. Il leur a donc fallu se creuser les méninges et jouer du coude pour mettre le grappin sur des noms rassembleurs.

Le directeur général Daniel Gélinas m'a confié, il y a quelques semaines, que pour lui la meilleure façon de garder le FEQ sur son erre d'aller était de frapper deux grands coups avec Elton John et Metallica. Force est de constater qu'il a placé ses mises au bon endroit : les samedis du 9 et du 16 juillet ont été deux vifs succès.

Entre ces deux méga-concerts, comment s'est débrouillé le Festival? Bien. Peut-être mieux qu'on ne l'avait suspecté. Certes, il y a eu des creux de vague, mais rien de gênant. Le public s'est déplacé massivement pour apprécier les spectacles sur les Plaines, comme au parc de la Francophonie ou ailleurs, y compris pour le contenu francophone qui a fait l'objet de bien des débats par le passé.

On ne peut que saluer une fois de plus l'éclectisme propre au FEQ. J'ai raté Afrocubism, mais la musique world était bien représentée, le blues a fait un sympathique retour avec Buddy Guy, le folk avec Martha Wainwright et Marianne Faithfull a donné lieu à d'heureux moments tout comme le country rock avec John Fogerty ou même le jazz avec Yaron Herman.

Vedettes de l'heure

Ce qui manque encore au Festival pour qu'il puisse se mesurer aux Coachella, Bonnaroo et cie? Davantage de vedettes de l'heure. L'an passé, on avait eu les Black Eyed Peas et Arcade Fire, dans deux registres différents; cette année, ce sont les Black Keys qui ont rempli cette case sous la bannière indie rock.

Le public de Québec a d'ailleurs très bien démontré qu'il était mûr pour découvrir ou apprécier de grands noms de ce genre. Du reste, le FEQ dispose de toutes les ressources nécessaires pour faire la barbe à ses pairs : excellent équipement et ressources techniques, organisation efficace à l'interne comme sur le terrain et belle présence sur les réseaux sociaux.

Côté jumelage d'artistes, il faudra visiblement être plus attentif. On s'étonne encore que les Dropkick Murphys se soient retrouvés sur la même affiche que Simple Plan. Des punks, avec lesquels on slamme, ce ne sont pas des petits punks de la pop. Bien des jeunes filles l'ont appris à leurs dépens...

Ça paraissait évident sur papier, ça l'a été de visu : Girl Talk, aussi bon soit-il, n'avait pas sa place entre Cage The Elephant et The Black Keys. En revanche, il aurait été génial avec DJ Champion. D'ailleurs, comme on me le faisait remarquer, pourquoi pas une grosse soirée électro sur les Plaines avec une pointure internationale, genre David Guetta?

Autre scène?

Le sujet revient à chaque année : le Festival d'été doit-il installer une autre scène? Je suis sceptique. Il est vrai qu'entre la capacité d'accueil du parc de la Francophonie (7800 places) et celle des Plaines (100 000), il y a un grand écart qui rend la tâche difficile aux programmateurs. Or, en ajoutant un site supplémentaire, on prend le risque de diluer l'offre. Et n'oublions pas que la programmation du Pigeonnier était la moins solide de toute la grille cette année.

Certains se sont mis aussi à se demander si, après Metallica, il faudrait songer à agrandir le site des Plaines. Pas sûr non plus. Combien de vedettes peuvent drainer autant de monde que le quatuor? Très peu. D'autre part, le Festival a flirté avec ses limites ce soir-là. Il n'en aurait pas fallu beaucoup pour qu'il y ait un dérapage et qu'une belle soirée ne soit gâchée. Faudra songer peut-être simplement à encadrer mieux les files d'attente et à ouvrir le site plus tôt pour les concerts très prisés.

Bref, il reste plein d'éléments sur lesquels Daniel Gélinas et son équipe devront éventuellement se pencher. Mais aujourd'hui, l'équipe du FEQ peut souffler en se disant que la 44e cuvée est à ranger parmi les bons crus.

Coups de coeur

> The Black Keys

Sans contredit LE show du Festival. D'abord pour la qualité de la performance. Quel mur sonore bâti par seulement deux musiciens (quatre pour environ le tiers de la soirée)! Le jeu était sans faute et le chant de Dan Auerbach exquis. C'était exactement à ce moment précis qu'il fallait les mettre au programme. Ça fait du bien de voir des artistes alors qu'ils sont au sommet de leur art!

>Metallica

Quel happening! Juste de voir la mer de monde était un spectacle en soi. On ne peut pas dire que le quatuor a tellement surpris, or ce n'était pas l'occasion pour déterrer des titres moins connus. On a donc plongé dans les classiques avec un show rodé au quart de tour et rehaussé de pyrotechnie. One, Enter Sandman et Ride The Lightning? De bruyants bonbons. Il fallait y être.

>Elton John

Je ne tenterai pas de vous faire croire que je suis un grand fan d'Elton John. Je le respecte beaucoup, ne serait-ce que pour la qualité du matériel qu'il a écrit dans la première moitié des années 70, mais il est loin de me bouleverser. Or voilà, la qualité de sa performance m'a réellement surpris. Le vieux routier n'est pas du tout sur le pilote automatique : il a laissé parler le pianiste en lui tout autant que le chanteur.

Coup de gueule

> Ben Harper

Ben Harper avait la chance de renouer avec ses fans québécois de la première heure. Il a plutôt choisi de s'en départir. C'est qu'il n'avait pas l'air d'avoir envie d'être là, le Ben, ignorant presque la foule. Ensuite, les temps morts entre ses pièces - certaines très réussies - étaient longs et innombrables. Enfin, son guitariste, Jay Mozersky, était peu impressionnant.  

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer