Martha Wainwright et Marianne Faithfull: un doublé carburant à l'émotion

La vénérable rockeuse Marianne Faithfull est montée sur... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La vénérable rockeuse Marianne Faithfull est montée sur scène avec sa légendaire voix brisée et son franc-parler.

Le Soleil, Yan Doublet

(Québec) Très beau doublé au parc de la Francophonie, mardi, à la fois complémentaire et contrasté : Martha Wainwright, encore à l'aube de sa carrière, y est allée d'un tour de chant solo, suivie de l'expérimentée Marianne Faithfull, flanquée de son groupe de quatre musiciens. Dans les deux cas, des propositions nuancées, où l'émotion était à fleur de peau.

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L'écoute était religieuse, hier soir, au parc de la Francophonie.

Marianne Faithfull, pantalons noirs, chemise et veston blancs, est montée sur scène avec sa légendaire voix brisée et son franc-parler. Elle a fait la part belle aux pièces du récent Horses and High Heels, en particulier ses compositions Prussian Blue, sur sa vie en France, et Why Did We Have To Part, écrite avec Laurent Voulzy, magnifiques. Seule réserve dans cette fournée : la reprise de Back in Baby's Arm, où elle ne paraissait pas très à l'aise.

Faithfull, les mains souvent dans les poches, s'est bien sûr permis un petit voyage dans le temps, remontant jusqu'à Sister Morphine, écrite à l'époque où elle sortait avec Mick Jagger. Même son tout premier hit, alors qu'elle avait 17 ans, As Tears Go By, a été dépoussiéré - ce dernier étant moyennement heureux. On a aussi eu droit à des reprises réussies, The Crane Wife, des Decemberists, à la sauce Buddy Holly, ou encore Working Class Hero, de John Lennon, bien sentie.

La vénérable rockeuse n'a pas hésité non plus à jaser avec le public. Sentant qu'elle devait se racler la gorge, elle a lancé : «Je devrais me tourner et cracher, je peux le faire, vous me connaissez, mais je ne le ferai pas, car vous êtes trop sensibles!» Sacrée Marianne! Du haut de ses 64 ans, elle en a encore dedans, même si elle préfère parfois s'asseoir durant les passages instrumentaux.

À ses côtés, son équipe de musiciens a fait un boulot impeccable, passant du rock à la country. Son There Is a Ghost, écrite avec Nick Cave et tirée de Before the Poison, était une merveille. L'incontournable Broken English, avec de solides solos de guitare et de saxophone, a aussi été un moment fort, tout comme Incarceration of a Flower Child, écrite par Roger Waters, en finale. Un beau concert, même si le parc de la Francophonie était un peu clairsemé.

La femme rapaillée

Pour sa part, Martha Wainwright a très bien chauffé les planches, armée de sa seule guitare acoustique. Son hommage à Piaf étant dans ses derniers milles - et ses accompagnateurs absents -, elle a préféré ses propres compositions et a même inséré des inédits de son prochain album. Dans la foule, l'écoute était religieuse. Vraiment, le parc de la Francophonie est un lieu rêvé pour ces performances extérieures, même si le spectacle de Yelle, sur les Plaines, s'est un peu immiscé dans le concert, à renforts de basse...

Les spectateurs, qui ont tout de suite accueilli chaleureusement Factory, en ouverture, ont eu droit à une belle surprise. Tante Anna McGarrigle a en effet été invitée sur scène, poursuivant cette tradition des rencontres de famille du clan Wainwright-McGarrigle. Ensemble, elles ont interprété Cheminant à la ville, puis Entre Lajeunesse et la sagesse. Sur cette dernière, on aurait cru que le spectre de feu Kate McGarrigle, la maman de Martha, était présent. Sur le plan technique, ce n'était peut-être pas parfait, Anna ayant prévenu la foule qu'elle l'a rarement jouée au piano, mais la justesse émotive était toute là.

Martha, qui a dit se sentir «femme rapaillée», en référence au concert de lundi auquel elle a assisté, a achevé son programme avec Bloody Mother Fucking Asshole, où sa voix agile a livré ces mots crus avec une infinie délicatesse. Une très bonne performance.

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