Le bilan de Nicolas Houle: le juste équilibre

Jeff Beck... (Photo: archives La Presse)

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Jeff Beck

Photo: archives La Presse

<p>Nicolas Houle</p>

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) En cet an 1 de l'après-400e, la barre était haute pour le Festival d'été. Pouvait-on recréer la magie de 2008? Faire encore courir et rêver les foules? La réponse est «oui». Le 42e Festival a livré la marchandise en termes de vedettes prestigieuses, en plus de respecter sa mission en ce qui a trait à son caractère généraliste.

On a eu de tout au cours des 11 derniers jours : de la grande vedette, de l'émergence, du tape-à-l'oeil, de la virtuosité, du raffinement, de l'art brut, du classique, du métal. Oui, la cuvée 2009 a brillé par son éclectisme, mais d'abord et avant tout, elle s'est distinguée par sa qualité. Il s'agit sans nul doute d'une des meilleures moutures qu'il m'ait été donné d'apprécier. Chaque niche stylistique apportait son lot d'artistes excitants. Du coup, c'était un bonheur de courir les différentes scènes, qui ont chacune leurs particularités. Et c'était tout aussi agréable de voir comment le public les habitait avec sa personnalité : hystérique pour Beirut, tendance pour Girl Talk, poli pour Domingo, curieux pour Kasai Allstars, trippeux pour Van der Graaf Generator...

Inévitablement, quelques performances m'ont déçu. Je m'attendais à mieux de Steve Hill, la soirée prog du Pigeonnier est loin de m'avoir subjugué et Sting, qui n'était pas particulièrement en voix, m'a laissé un peu sur ma faim, avec un show honnête, quoique sans grand relief. Cela dit, le plus souvent, j'aurais préféré ranger le portable afin d'aller apprécier Jeff Beck, Brian Setzer, Patrick Watson, Karkwa ou encore Daniel Bélanger l'esprit tranquille.

Au-delà de la musique

Impossible de passer sous silence le volet des arts de la rue. En dépit des conditions climatiques difficiles, le Festival a fait mouche là aussi, en particulier avec le passage du funambule Ramon Kelvink Jr.

Il faut souligner par ailleurs la qualité des infrastructures. Cette année encore, la scène des Plaines a pris du galon et s'avère être dans une classe à part au chapitre de la sonorisation, des grands écrans ou des dispositifs scéniques. Un bémol? L'écran au-dessus de la scène, servant à identifier le commanditaire principal : il est si lumineux qu'il vole la vedette... aux vedettes.

Le déménagement de la Place de la famille à l'Espace 400e, nettement plus convivial, est une autre bonne décision. Plus de soucis à se faire en raison des automobilistes, comme c'était le cas à l'intersection Charest-de la Couronne. Quand ils n'avaient pas un spectacle à apprécier (les propositions étaient relevées), les enfants pouvaient trouver leur compte grâce à une panoplie de jeux ou d'activités. Claude Doré, au Festival, m'indiquait qu'il compte éventuellement mettre le bassin Louise à contribution. Voilà qui est prometteur.

Le dg de l'événement, Daniel Gélinas, m'affirmait pour sa part que le Festival tel qu'on l'a vécu cette année se trouve là où il voulait l'amener et qu'il est donc un modèle à suivre pour l'an prochain. Ça aussi, c'est prometteur.

Enfin, comme le veut la tradition, je vous laisse sur mes trois coups de coeur et sur ma déception.

Les fleurs

Jeff Beck

Habituellement, les spectacles appréciés en début de parcours tendent à se faire éclipser par ceux vus par la suite. Pas celui-là. Le guitariste était à son zénith. Il régnait une formidable cohésion au sein de son groupe et la technique était continuellement au service de l'émotion. Mémorable en tous points.

Brian Setzer Orchestra

Bien honnêtement, je croyais qu'on avait un peu fait le tour du rockabilly servi par le guitariste et son big band. J'avais tout faux. L'Américain était en feu, que ce soit dans son complet veston cravate avec son élégant ensemble, ou les manches relevées, trahissant ses tatouages, en trio.

Beirut

C'est fou ce qu'il y avait de l'atmosphère à L'Impérial ce soir-là. Portés par l'enthousiasme de la foule, Zach Condon et ses potes nous ont fait voyager avec brio de l'Europe de l'Est à la France, puis au Mexique. En première partie, le Bell orchestre a également donné une performance redoutable. Fallait y être.

Et le pot

Les Proclaimers

Sans l'ombre d'un doute. Non seulement les jumeaux écossais cumulaient les fausses notes au chant, mais ils ont donné une prestation soporifique.

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