Héritage existentiel de Bernard Émond

Tout ce que tu possèdes de Bernard Émond...

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Tout ce que tu possèdes de Bernard Émond

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Festival de Toronto

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Le Festival international du film de Toronto a l'habitude de la démesure. Comme si la chose était possible, il trouve le moyen de prendre de l'ampleur cette année. Pour sa 37e présentation, il propose du 6 au 16 septembre 289 films en provenance de 72 pays, un record. Notre journaliste Normand Provencher est sur place. »

(Toronto) Les habitués de l'oeuvre de Bernard Émond se retrouveront en pays de connaissance avec Tout ce que tu possèdes, présenté en première à la presse et l'industrie, samedi à Toronto. Un drame lourd (tourné principalement à Québec) qui s'attarde à la remise en question d'un jeune professeur de littérature, torturé et solitaire, coincé entre un héritage paternel douteux et une paternité tombée du ciel.

Pierre Leduc (Patrick Drolet) traverse une mauvaise passe. Plus de motivation pour son travail de chargé de cours à l'Université Laval («C'est pas un département de littérature, ostie, c'est un bureau de comptables...»). Pas d'intérêt pour la colossale fortune de... 50 millions$, rien de moins, que ce père mourant qu'il a peu connu (Gilles Renaud), un «crosseur» qui a fait son argent de façon malhonnête, veut lui léguer.

Même ses précieux livres ne lui disent plus rien. Il préfère aller les vendre à la librairie de bouquins usagés de son quartier (Saint-Jean-Baptiste).

Il n'existe plus dans sa vie que les mots du défunt (et bien peu rigolo) poète polonais Edward Stachura dont il assume la traduction. Une prose qui se conjugue parfaitement avec l'état d'esprit d'un homme accablé par le poids du passé et qui cherche à faire le vide autour de lui. Jusqu'au moment où débarque dans sa vie une ado de 13 ans (Willia Ferland-Tanguay), conçue avec sa petite copine de l'époque qui lui en a toujours caché l'existence. Une rencontre charnière pour la suite des choses.

Dans le style épuré et contemplatif qu'on lui connaît, au gré d'un scénario qui aurait gagné à mieux approfondir ses personnages, Émond (La neuvaine, Contre toute espérance) propose une solennelle réflexion existentielle sur les notions de transmission et d'héritage. Pas l'héritage qui se mesure en argent, plutôt celui qui donne un sens à la vie, qui permet de savoir d'où l'on vient pour mieux savoir où l'on va. Car à quoi bon une existence coupée des autres, passée à fuir pour oublier?

La sortie de Tout ce que tu possèdes est prévue le 2 novembre.

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