C'est le chef du Moulin à Poivre, Léopold Bonmariage, qui m'a appris ce mystère géographique, mercredi soir, à la fermeture des cuisines. Il aimerait bien aller y faire un tour, ne serait-ce que pour découvrir «le brunch du bûcheron», au menu du dimanche matin, juste avant le tournoi d'échassiers, activité originaire de Namur, en Belgique.
Le Moulin à Poivre est l'un des bons restos de la capitale wallonne. L'un des points de chute des Pierre Richard, Benoît Poelvoorde, Anne Roumanoff et autres artistes. Des affiches autographiées témoignent de leur visite. Il y a même ceux de Stéphane Rousseau et de Lynda Lemay.
Si vous passez dans le coin, on vous recommande fortement une des spécialités, les boulettes maison aux tomates, et les boulettes «façon Liège, comme à Namur». Les deux sont excellentes, mais la seconde davantage.
Le chef Bonmariage - dont l'établissement est situé «à 39,5 m du chapiteau» du Festival international du film francophone (FIFF), c'est écrit sur le menu, admirons la précision... - a pris la peine de m'expliquer en long et en large la recette.
Fond de veau, oignons, raisins de Corinthe, sirop de Liège, des boulettes faites de boeuf, de porc et d'un peu de veau. On laisse mijoter à feu doux une couple d'heures, on sert cela avec des frites, évidemment, un peu de verdure, et le tour est joué.
On rapporte la recette à la maison. Ce sera les boulettes «façon Liège, comme à Québec».
Bon, on n'est pas là pour parler cuisine mais cinoche. Une dernière journée namuroise qui ne passera pas à l'histoire pour votre gars des vues. Deux films derrière la rétine, dont celui qui sera projeté en clôture du FIFF, le road movie Mariage à Mendoza, d'Edouard Deluc.
Le succulent Sideways (À la dérive) d'Alexander Payne, vous vous souvenez? L'histoire de deux amis, dont l'un déprimé (Paul Giamatti), qui partent sur la route des vins, dans la vallée de Napa, en Californie. Mariage à Mendoza y fait penser, mais en beaucoup moins bon.
Deux demi-frères (Philippe Rebbot et Nicolas Duchauvelle) décident de se rendre au mariage d'un cousin en Argentine. Le plus jeune en arrache, sa femme venant de le plaquer, alors que l'aîné commence lui aussi à être fragile de la boîte à poux, au fur et à mesure que le voyage avance.
Sont aussi de l'aventure, et on comprend pas trop pourquoi, le réceptionniste de leur hôtel de Buenos Aires et une jeune et jolie fille du pays, rencontrée dans une auberge, l'indispensable élément de séduction.
C'est assez laborieux, pas tellement drôle et peu crédible. En revanche, on a beaucoup aimé découvrir les paysages argentins, montrés rarement au cinéma.
L'autre film au programme, Le repenti, de Merzak Allouache, est plus réussi. Une incursion chez les intégristes algériens, avec l'histoire d'un jeune jihadiste lancé sur la voie de la rédemption et du pardon. Le film devrait sortir en salle cet automne, on y reviendra.
C'est ce soir que le rideau tombe sur le 27e FIFF. Le jury des longs-métrages (qui compte la Québécoise Monia Chokri) aura la tâche de remettre le Bayard d'or et cinq autres prix (prix spécial du jury, meilleur comédien, meilleure comédienne, meilleur scénario et meilleure photographie).
Sur les rangs pour le Québec : Camion de Rafaël Ouellet et Tout ce que tu possèdes de Bernard Émond. Il serait étonnant que l'excellent Dans la maison, de François Ozon, vu à Toronto, soit ignoré au palmarès.
Rendez-vous sur Twitter pour connaître les gagnants, presque en temps réel, à compter de 18h30 (12h30 heure de Namur en Québec).
Les frais de déplacementet de séjour du Soleil à Namur ont été payés par le FIFF.
>> LU: Dans le journal Le soir, la faible représentation de femmes pour les prochaines élections communales belges. Un «problème d'élection» est le terme trouvé pour décrire la situation. Parlez-en à votre médecin...
>> VU: Dans la vitrine de la Maison Saint-Aubain, Le Petit Fiancé des Pyrénées, un fromage de chèvre à pâte molle de l'Ariège. Son prix est pas mal : 32,90 euros le kilo (environ 42 $). À déguster len-te-ment.
>> ENTENDU: L'hyper sympathique Julie Gayet parler en entrevue de son amour du Québec et de notre cinéma. La vedette d'After, présenté au Festival international du film francophone, vient de terminer le tournage du premier long-métrage de fiction de Mathieu Roy, L'autre maison, où elle incarne la femme de Roy Dupuis. L'actrice française de 40 ans avait été à l'affiche, il y a 10 ans, de La turbulence des fluides, de Manon Briand