On en profite pour remercier les automobilistes belges de leur courtoisie. Suffit de mettre le début du gros orteil sur un passage de piétons pour qu'ils s'arrêtent sur-le-champ. De ce côté, Jean-Marie De Koninck a du gros travail à faire au Québec.
De jogging et de course à pied, j'avais parlé un moment, plus tôt en journée, avec Sophie Desmarais, de passage à Namur pour participer à l'atelier Échanges de talents, un truc utile pour un comédien pour faire du réseautage dans le cinéma francophone.
La jeune comédienne vient de terminer le tournage de Sarah préfère la course, de la réalisatrice de Cap-Rouge Chloé Robichaud, où elle joue une coureuse de 800 m. L'actrice de 26 ans s'est soumise à un intense entraînement en amont du tournage. «Pour la dernière scène, tout le monde s'est donné à fond, j'en ai eu pour des jours à avoir mal partout», me raconte-t-elle.
Pour incarner son personnage, la jeune Sophie a dû apprendre la bonne technique de course, s'est plongée dans l'excellent roman Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, de Haruki Murakami. A même poussé la dévotion jusqu'à se taper une périostite. Le résultat de cet entraînement spartiate est attendu sur nos écrans en 2013.
Camion
De course à pied, il n'a point été question avec Rafaël Ouellet, de passage à Namur pour accompagner son long-métrage Camion. N'empêche, avec son titre prédestiné, le film l'a mené loin sur la route des festivals : Karlovy Vary, Toronto, Haffa, Barcelone, et bientôt Vancouver, Marrakech, l'Estonie, la Suède...
Pour la première fois de sa carrière de cinéaste, Rafaël a vu l'un de ses films franchir la barre des 100 000 $ au box-office. Aurait pu faire encore mieux, à son avis, si on avait donné «la chance au film de trouver son public». Le roulement est tellement intense sur les écrans, déplore-t-il. Au suivant! comme le chantait si bien le plus célèbre enfant du plat pays, Jacques Brel.
Entre-temps, Rafaël se demande s'il n'aurait pas été préférable que Camion soit présenté à Namur avec des sous-titres. «Les Belges comprennent fuck all à mon film...»
Pour la suite des choses, le cinéaste du Témiscouata accumule les projets. Un film actuellement en mixage, Finissant(s), dans la foulée de New Denmark; un autre qui sera tourné en anglais, avec Sophie Desmarais, oui la même actrice coureuse, et un scénario en phase d'écriture, Arsenault & Fils, intrigue sur fond de braconnage qu'il aimerait tourner dans son Témiscouata natal.
Une autre cinéaste pigeon voyageur, c'est Anne Émond, qui accompagne à Namur Nuit #1. Elle aussi se promène un peu partout dans les festivals : Pusan, en Corée du Sud, Rotterdam, Montevideo en Uruguay. «On ne s'attendait pas du tout à ça», lance-t-elle au sujet de l'accueil enthousiaste de ce premier long-métrage, qui prend l'affiche en France et en Belgique en novembre.
La jeune fille de Saint-Roch-des-Aulnaies, dans le Bas-du-Fleuve, a elle aussi la créativité au plafond. Elle met la dernière main à un scénario plus ambitieux et «moins conceptuel» que Nuit #1, autour de l'histoire échelonnée sur 20 ans d'une jeune fille née dans une famille portée sur le suicide.
Elle avait pensé intituler son film Laurence et ses origines, mais puisque le prénom Laurence semble avoir la cote au cinéma québécois ces temps-ci (Laurence Anyways, Laurentie), elle cherche autre chose. Si vous avez des suggestions, c'est le temps.
Anne a aussi dans ses cartons l'adaptation du roman Hadassa, de Myriam Beaudoin, se déroulant chez les juifs hassidiques du Mile End, à Montréal. «C'est un univers qui me fascine depuis mon arrivée à Montréal.»
Voilà, vous savez maintenant ce qui fait courir nos jeunes représentants québécois à Namur.
>> LU: Dans le quotidien L'avenir, un reportage sur l'élection en fin de semaine de Miss Wallonie. Le jury a demandé à une candidate si elle accepterait de poser pour Playboy. Non. Pour 25 000 euros? Non. Et pour le double? «Alors là, on peut commencer à discuter.» Comme quoi tous les beaux principes ont leur prix.
>> VU: La charmante place du Marché-aux-Légumes, aménagée en 1781, avec ses cafés et terrasses, à l'ombre des tilleuls. Sans oublier, au milieu, une pompe monumentale de style Louis XVI.
>> ENTENDU: En entrevue, le charmant accent français de l'actrice albanaise Arti Doboshi, à Namur, pour parler de son rôle de sans-papiers... moldave, dans Trois mondes, de Catherine Corsini.
Le déplacement et le séjour du Soleil à Namur ont été payés par le Festival international du film francophone.