La cinéaste de 24 ans a transposé cette histoire canine dans une fiction où Clara (Ève Duranceau), une jeune célibataire solitaire, hérite de l'animal de compagnie de sa tante, un legs qui fera naître «une amitié improbable et révélatrice»...
Il s'en est fallu de peu pour que le film ne soit pas prêt pour le grand rendez-vous cannois, expliquait-elle, mardi, en entrevue au Soleil, au pavillon canadien du Village international. L'ex-étudiante en cinéma de l'Université Concordia, originaire de Cap-Rouge, a procédé au montage de façon intensive, souvent la nuit, pendant une semaine, afin d'acheminer une copie de travail à temps, la veille de la fin des mises en candidature. Elle a elle-même financé son film, tourné avec 2000 $.
Malgré son jeune âge, Chloé Robichaud n'en est pas à sa première visite sur la Croisette. Elle y est venue deux fois, toujours pour des courts-métrages, aux programmes Short Film Corner et Courts du Québec. «C'est une bonne chose. Cannes, c'est tellement gros, je savais déjà comment ça fonctionnait. Ça m'a permis de faire des rencontres plus rapidement», explique la jeune femme.
C'est samedi que se déroulera la projection officielle des 10 courts-métrages. Nerveuse? «Je commence, là... J'ai vécu ce matin [mardi] ma première projection publique, avec une trentaine de personnes. Ça m'a permis de me calmer un peu.»
Chloé Robichaud n'aura pas été longue à faire son chemin dans le... long-métrage. Sarah préfère la course, dont l'écriture a commencé il y a trois ans, se tournera à la fin de l'été. Doté d'un budget de 1,3 million $, le film raconte l'histoire d'une jeune coureuse de fond (Sophie Desmarais) qui, afin de payer son adhésion à un club d'athlétisme, décide de se marier pour toucher l'argent des prêts et bourses.
L'idée d'un film sur la course lui est venue en regardant Donovan Bailey aux Jeux d'Atlanta, en 1996. Un personnage de sprinteur réclamant une charpente musculaire impossible à atteindre pour une actrice, elle a alors eu l'idée d'une coureuse de demi-fond.
La réalisatrice compte tourner une semaine dans son patelin d'origine, fin août. L'incontournable et impressionnant pont ferroviaire, le tracel de Cap-Rouge, à proximité du fleuve, sera évidemment à l'honneur dans son film. «Plus jeune, je le regardais en me disant : me semble que ça ferait des bons plans dans un film...»