La nuit, elles dansent: la vérité sur le vif

Stéphane Thibault et Isabelle Lavigne... (Caroline Hayeur)

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Stéphane Thibault et Isabelle Lavigne

Caroline Hayeur

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Notre critique de cinéma Normand Provencher est à Cannes à l'occasion du 64e festival dont l'enjeu est l'obtention de la prestigieuse Palme d'or. »

Normand Provencher, envoyé spécial
Le Soleil

(Cannes) D'un documentaire sur le hockey (Junior) à un autre sur les danseuses égyptiennes, de Baie-Comeau au Caire, Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault sont devenus maîtres dans l'art de faire disparaître leur caméra pour capter la vérité sur le vif.

Le couple, débarqué pour la première fois à Cannes, avec leurs gamins de trois mois et de trois ans, était ému de découvrir la réaction à chaud des festivaliers pour La nuit, elles dansent, présenté mercredi à la Quinzaine des réalisateurs. Quarante ans qu'on avait vu un documentaire québécois dans cette section fort courue du festival.

Tourné l'été dernier au Caire, le film suit une communauté de femmes tricotée serré où se transmet depuis des temps immémoriaux le métier de danseuse dans les mariages. La matriarche, Reda, une femme de caractère, règne sur le clan.

Pendant quatre mois, le couple a sillonné l'Égypte à la recherche d'une communauté de femmes prête à voir une caméra les suivre dans leur quotidien. Le destin a mis Reda Ibrahim sur sa route.

Présente à la rencontre de presse suivant la projection, la mère de sept enfants, devenue veuve juste avant le tournage, s'est dite «très touchée de voir autant de monde» à la projection. «Je ne pensais pas qu'il pouvait y avoir autant de gens intéressés par ma vie.»

«C'est un sujet riche et complexe. J'ai été fascinée par ces femmes qui vivent en contradiction avec les valeurs de mise dans leur pays, a expliqué Isabelle Lavigne. Elles vivent beaucoup de mépris, car en exposant leur corps, on les accuse d'écarter les hommes de leur devoir religieux.»

«La spontanéité a été présente dès le début, ajoute Stéphane Thibault. On s'est fait le plus petit possible. On ne provoquait rien. On a attendu que les choses se produisent. Ce sont des femmes qui ont l'habitude de la caméra puisque les mariages égyptiens sont souvent filmés. Elles se sentent très libres d'être les femmes qu'elles sont. C'est aussi une communauté où l'exubérance est partagée en groupe.»

Le public de Québec n'aura pas eu à attendre très longtemps pour découvrir le film, à l'affiche au Clap vendredi.

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