À titre de membre du service de presse pendant quatre ans de la Quinzaine des réalisateurs, une section parallèle très courue, Christopher Lemonnier peut s'enorgueillir, à seulement 25 ans, de posséder une bonne connaissance des rouages d'un grand festival.
C'est à ce jeune diplômé en administration des Hautes Études commerciales de Montréal - et évidemment grand fan de septième art - que l'administration Labeaume a décidé de faire confiance pour la création d'un nouvel événement cinématographique. Tout cela alors qu'un second groupe de Québec est aux commandes d'un autre festival, prévu pour mars 2012.
En entrevue au Soleil, dimanche, sur la terrasse du kiosque de la SODEC, le jeune homme originaire de Nice, débarqué à Montréal il y a sept ans, annonce déjà ses couleurs : le FCVQ sera un événement festif, rassembleur, éclaté, qui fera vibrer la capitale au rythme du cinéma d'ici et d'ailleurs.
«On veut une véritable fête du cinéma pendant 10 jours. Nous voulons à la fois satisfaire les vrais cinéphiles et ramener dans les salles ceux qui se sont un peu éloignés. Ce sera un festival grand public, très ouvert, décloisonné, avec des activités parallèles. La ville se prête à ça. Québec offre une magnifique carte de visite.»
Une cinquantaine de films
Le menu du FCVQ, qui se tiendra du 22 septembre au 2 octobre, se composera d'oeuvres de toutes nationalités qui ont connu un bon succès sur le circuit des festivals. Au total, une cinquantaine de longs-métrages, présentés en programme double avec un court. Lemonnier et ses deux collaborateurs, Marie-Christine Laflamme et Olivier Bilodeau, feront connaître à la fin de l'été les films retenus.
Le FCVQ ne sera pas un festival compétitif. Quatre Prix du public seront décernés et un Prix du jury, remis au meilleur ou deuxième meilleur film, à l'image de la Caméra d'or de Cannes.
À défaut de compter sur un complexe cinématographique au centre-ville, le FCVQ présentera ses projections au Petit Champlain, au théâtre des Gros Becs, à l'auditorium de l'Auberge Saint-Antoine et au Clap. Il est d'ores et déjà décidé que le tapis rouge et la projection du film d'ouverture auront lieu au Palais Montcalm.
À cet égard, les nouvelles technologies donnent un coup de pouce à l'organisation. «Équiper un théâtre pour une projection en 35 mm, c'est difficile, souligne M. Lemonnier. C'est maintenant beaucoup plus facile de le faire en numérique HD, surtout pour le sous-titrage.»
Un c'est bien, deux c'est mieux
La présence dans la capitale d'un autre festival, les Rencontres cinématographiques de Québec, né la semaine dernière sur les cendres du Festival des 3 Amériques, ne gêne nullement M. Lemonnier. «Ce sont deux festivals très différents, qui ne se tiennent pas à la même période. Deux festivals de cinéma, c'est un signe de dynamisme pour une ville.»
Financée à hauteur d'environ 25 % par des fonds publics, la première présentation du FCVQ profite d'un budget de 820 000 $, dont une subvention de 150 000 $ de la Ville de Québec. L'organisation est optimiste d'atteindre les 25 000 entrées. Le jeune public est dans la mire.
Comme les films qui composeront l'horaire du premier FCVQ, les réalisateurs ou comédiens susceptibles de débarquer à Québec ne sont pas connus. Dans l'immédiat, le jeune programmateur profite de la tribune exceptionnelle de Cannes pour nouer des contacts avec des producteurs et distributeurs québécois et étrangers.