Xavier Dolan: «J'ai toujours vu Cannes dans ma soupe»

Le premier film de Xavier Dolan, J'ai tué... (Photothèque Le Soleil)

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Le premier film de Xavier Dolan, J'ai tué ma mère, sera présenté en première mondiale le 18 mai.

Photothèque Le Soleil

(Québec) Le cinéaste-acteur Xavier Dolan débarque au Festival de Cannes cette fin de semaine pour la première mondiale, le 18 mai, de son premier film, J'ai tué ma mère, l'un des trois longs-métrages québécois retenus cette année à la Quinzaine des réalisateurs. À saveur autobiographique, ce drame raconte la relation tourmentée et difficile entre un adolescent de 17 ans (Dolan) et sa mère (Anne Dorval). Le Soleil s'est entretenu avec le jeune réalisateur de 20 ans, à la veille de son départ pour la Croisette.

Q    Est-ce un rêve que tu croyais impossible pour toi de te retrouver un jour à Cannes, de surcroît avec ton premier film?

R    J'ai toujours vu Cannes dans ma soupe. Mais jusqu'à la dernière minute, j'ai cru que c'était un projet impossible. Cannes pour moi, c'est le plus grand carrefour du cinéma mondial. C'est tellement immense. Pour moi, de voir mon film choisi par des gens aussi érudits, c'est un gage de crédibilité.

Q    As-tu une petite idée de ce qui t'attend? As-tu peur de la réaction du public cannois?

R    Je ne le sais vraiment pas, mais c'est sûr que je panique un peu. Tout ce que je peux dire, c'est que, jusqu'à maintenant, les réactions les plus enthousiastes sur mon film viennent de France. J'espère seulement que le buzz restera à la surface et ne fera pas s'écraser le gâteau...

Q    D'où vient l'idée de ton scénario?

R    C'est en partie autobiographique, en relation avec un passage de mon adolescence où je vivais une relation houleuse avec ma mère. Ceci étant dit, il m'a fallu ajouter des éléments de romance et de fiction, apporter des nuances, pour faire évoluer le récit.

   Au début, ton film n'a pas reçu l'assentiment financier des institutions gouvernementales, que ce soit la

SODEC et Téléfilm Canada. Est-ce une douce revanche pour toi d'être à Cannes?

   La SODEC a finalement financé mon film, à titre d'indépendant, lors d'un second dépôt. Sans eux, je n'aurais pas pu le terminer. Téléfilm Canada n'a rien donné. Je dirais qu'il y a un petit 5 % investi dans un sentiment de victoire, mais je ne voudrais pas qu'on pense que je me lève pas la nuit pour haïr Téléfilm. En revanche, j'espère que mon séjour à Cannes va me permettre de trouver des possibilités de financement pour mon prochain film, de façon à mettre fin à ce système de financement obsolète qui tient la créativité québécoise en otage.

Q    Ce prochain film est-il déjà en marche?

R    Le scénario est terminé, et j'espère commencer le tournage le plus rapidement possible. Ça s'intitule Laurence Anyways. C'est un film qui raconte les amours brisées et ruinées par la transsexualité, en l'occurrence celle d'un homme marié qui décidé de devenir une femme.

Q    Quels sont les cinéastes dont tu admires le plus le travail?

R    Michael Haneke, parce que c'est un réalisateur extrêmement précis dans toutes les facettes de fabrication d'un film, que ce soit la réalisation, le jeu de caméra, la direction d'acteurs. Il possède aussi un calcul incroyable de l'écriture et une symbolique artistique que j'admire. J'ai beaucoup aimé Funny Games, même sa version américaine, ainsi que La pianiste, qui à la fois très glauque et très touchant.

«J'ai tué ma mère» prendra l'affiche à Québec le 12 juin.

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