Pauline Marois protégée par son majordome

Jean-Marc Huot (à gauche), un ancien fonctionnaire devenu... (La Presse Canadienne)

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Jean-Marc Huot (à gauche), un ancien fonctionnaire devenu majordome de Pauline Marois, s'est précipité sur la scène du Métropolis mardi soir avec un policier de la Sûreté du Québec pour protéger la nouvelle première ministre.

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Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Chemise jaune et noeud papillon à pois, Jean-Marc Huot n'a pas l'allure d'un garde du corps. Et pour cause : il est le majordome de Pauline Marois. C'est pourtant lui qui s'est précipité sur scène, après l'attentat meurtrier de mardi, pour mettre sa patronne à l'abri.

Les images ont fait le tour du monde: deux hommes en complet sombre se précipitent sur la première ministre du Québec à peine élue et l'arrachent à son discours de victoire. À droite, un policier de la Sûreté du Québec dont c'est le travail de protéger la politicienne de premier plan. À gauche, Jean-Marc Huot, ancien fonctionnaire et toujours citoyen de Québec, travaillant depuis plus d'une dizaine d'années pour Mme Marois.

«Venez-vous-en, Madame!» intime ce dernier avant de tirer la chef du Parti québécois (PQ) vers lui, pendant que le garde du corps pousse de l'autre côté.

Après que le maître de cérémonie, le comédien Yves Desgagnés, eut rassuré les militants, M. Huot est le premier à revenir sur scène, visiblement énervé. Pauline Marois apparaît bientôt pour demander à la foule de quitter tranquillement la salle. Après un bref échange avec les policiers auquel participe son employé, elle décide de retourner au micro. Elle est rejointe par ses proches, auxquels M. Huot reste collé jusqu'à la fin.

Au lendemain du sauvetage fortement médiatisé, le héros spontané allait «très, très bien», nous a assuré son frère Gilles, directeur général de la Fondation Jean-Michel Anctil à Québec, qui lui a parlé au téléphone en matinée. «L'adrénaline était là», se contente-t-il de dire quant aux circonstances.

Discrétion familiale

La discrétion est de famille chez les Huot : «C'est un peu notre marque de commerce», dit Gilles. Regardant la télévision, sur le coup de minuit mardi, il était donc surpris de voir Jean-Marc s'élancer vers la première ministre sans crier gare. «Comme tout le monde, je ne savais pas ce qui se passait. Ma première réaction, ça a été de dire : "Voyons, qu'est-ce qu'il fait là?"» rigole-t-il maintenant. Finalement, le frangin «a fait ce qu'il avait à faire et si c'était à refaire, il le referait», résume fièrement Gilles Huot.

Aussi affable que discret, Jean-Marc Huot est un pilier dans l'entourage de Pauline Marois. Le sexagénaire porte le titre de «majordome», que l'on peut accoler à un maître d'hôtel aussi bien qu'à un homme à tout faire. C'est dire qu'il accueille les amis et les invités de la chef péquiste, répond à ses besoins quotidiens et règle les problèmes logistiques qui peuvent survenir quand la politicienne se trouve sur le terrain. À chaque période des questions à l'Assemblée nationale, le public pouvait le voir assis au bout de la banquette réservée à l'opposition, à gauche du Salon bleu. Il changera de bord très bientôt...

M. Huot a aussi travaillé en cabinet au début des années 2000, alors que Mme Marois faisait le tour des principaux ministères du gouvernement du Québec. La complicité est telle qu'il réside avec la famille Blanchet-Marois au besoin.

«Fidèle et généreux»

La chef péquiste évoque d'ailleurs sa présence auprès d'elle dans son autobiographie, Québécoise!, parue en 2008. À la page 221, elle parle de la campagne à la direction de 2005 et de la minifourgonnette empruntée à son frère pour faire le tour du Québec, dont elle dit qu'elle est «conduite par le fidèle et généreux Jean-Marc Huot». Celui-ci parcourra «des milliers de kilomètres» et participera à «des centaines d'assemblées et de rencontres» avec elle.

Soyez assurés que nous avons tenté de parler au principal intéressé, mais le Parti québécois a refusé toute demande d'entrevue mercredi.

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