Pauline Marois: une route de plus de 30 ans vers le sommet

Pauline Marois, la nouvelle première ministre du Québec... (La Presse Canadienne)

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Pauline Marois, la nouvelle première ministre du Québec

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Le Québec en élections

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Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

(Québec) La route a été longue, dure, incertaine, plus de 30 ans de batailles politiques, de luttes intestines, de défaites crève-coeur. Mais, de peine et de misère, Pauline Marois touchera finalement les rives de son rêve : elle devient la première femme à diriger le gouvernement du Québec, un gouvernement à la merci de l'opposition.

Des péquistes d'influence lui prédisaient depuis longtemps, depuis une quinzaine d'années, ce fauteuil de première ministre qui a failli lui échapper.

Sur cette route vers un pouvoir toujours aussi élusif, elle-même a souvent douté d'y parvenir. Elle croyait y avoir renoncé à tout jamais, après avoir perdu la course à la direction du Parti québécois (PQ), en 2006. Battue par André Boisclair, elle démissionne quelques mois plus tard. «Le coeur n'y est plus», déclare-t-elle à l'Assemblée nationale.

Il s'agit de sa troisième tentative infructueuse de se hisser à la tête du PQ. En 1985, la jeune députée, âgée de 36 ans, se lance dans la course pour succéder au charismatique fondateur René Lévesque. À la surprise des observateurs, elle termine deuxième, derrière Pierre Marc Johnson - et devant l'ambitieux ministre Bernard Landry.

En 2001, nouvel essai, pour succéder à Lucien Bouchard. Furieux, le clan Marois dénonce le fait que François Legault - devenu depuis fondateur de la Coalition avenir Québec - a renié un pacte vieux de quelques heures, où il devait l'appuyer. La course à la direction se transforme en couronnement de Bernard Landry.

Une «fenêtre» politique

En 2007, occupée à cultiver son jardin, à sa luxueuse résidence de L'Île-Bizard, une «fenêtre» politique s'ouvre miraculeusement avec la débâcle du PQ d'André Boisclair, à l'élection générale. Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, essaie de la prendre de vitesse. Mais elle rapplique. À son tour, elle prend les rênes de la formation souverainiste sans avoir à se mesurer à des adversaires.

Les marches gravies constituent un parcours impressionnant. Cette travailleuse sociale de formation occupe brièvement le poste d'attachée de presse du ministre des Finances Jacques Parizeau, en 1978. Elle revient comme chef de cabinet d'une ministre qui sera une alliée toute sa vie, Lise Payette, en 1979.

14 ministères

Elle fait son entrée au Salon bleu deux ans plus tard. René Lévesque la nomme à son cabinet. Battue en 1985, elle est de retour à l'Assemblée nationale en 1989. Sous les gouvernements Lévesque, Parizeau, Bouchard et Landry, cette fille d'un milieu modeste - dont le père était mécanicien, dans ce qui est maintenant Lévis - aura dirigé 14 ministères, dont trois poids lourds, l'Éducation, la Santé et les Finances.

En cette journée du 4 septembre, comment se prépare-t-on à devenir la première femme premier ministre? lui demande une journaliste, à Beaupré, devant le bureau de vote. «Ça fait 30 ans que je me prépare.» À 63 ans, il faudra réévaluer ses options. Et se demander combien de temps son étoile pourra briller.

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