À l'heure de mettre sous presse, la CAQ avait obtenu 37,5 % des suffrages exprimés dans les 13 circonscriptions de la grande région de Québec - soit Charlesbourg, Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Chauveau, Chutes-de-la-Chaudière, Jean-Lesage, Jean-Talon, La Peltrie, Lévis, Louis-Hébert, Montmorency, Portneuf, Taschereau et Vanier-Des-Rivières. Le Parti libéral du Québec pointait à 30,8 % et le Parti québécois, qui n'a apparemment toujours pas résolu le «mystère Québec», suivait loin derrière à 22,9 %. À part dans Taschereau (et encore), Québec solidaire n'a guère fait plus qu'un acte de présence, avec 4,6 % des scrutins - les indépendants et les autres petits partis ont collectivement récolté 4,3 % des voix.
Tous les partis ont gardé leurs têtes d'affiche : les porte-étendard de la CAQ dans la région, Éric Caire (La Peltrie), Gérard Deltell (Chauveau) et Christian Dubé (Lévis), ont été élus, les péquistes Agnès Maltais et Pauline Marois ont été réélues dans Taschereau et Charlevoix, et les ministres libéraux sortants Yves Bolduc (Jean-Talon) et Sam Hamad (Louis-Hébert) ont survécu. Leur ancien collègue aux Ressources naturelles Clément Gignac a pour sa part été battu dans Taschereau, mais il avait fait le choix de laisser un siège sûr pour se présenter dans ce château fort péquiste.
Bonne décision de Deltell
Pour le caquiste Gérard Deltell, qui fut chef de la défunte ADQ avant sa fusion avec la CAQ, la décision de joindre ses forces à celles de François Legault fut la bonne.
«On a réussi avec honneur, et on voit aujourd'hui qu'on a grimpé [par rapport aux scores provinciaux de la CAQ dans les sondages]. [...] On voit qu'on se dirige vers un gouvernement minoritaire, donc il faut s'attendre à ce qu'il y ait de nouvelles élections d'ici un an ou deux. Il n'y a que quelques points d'écarts entre la première position et la troisième, et je pense que n'importe quel gouvernement va devoir en tenir compte», a déclaré M. Deltell sur les ondes de RDI.
Pour la CAQ, c'est une bien meilleure performance régionale que celle de l'ADQ en 2008, alors que seulement trois adéquistes avaient résisté aux libéraux, mais elle n'est pas parvenue à répliquer avec la force que l'ADQ avait montrée à Québec en 2007. L'ADQ avait alors raflé 43 % des voix dans la région et fait élire neuf députés. Et si la CAQ a réussi à reprendre la plupart de ses «anciens sièges» de 2007, plusieurs de ces victoires sont aujourd'hui nettement plus courtes.
Alors que l'ADQ avait raflé d'énormes majorités de quelque 7000 votes dans Charlesbourg et Lévis, et de 11 000 voix dans Montmorency et Vanier, la CAQ a remporté ces quatre sièges par des majorités beaucoup, beaucoup plus petites. Tard en soirée, ces marges se situaient toutes sous les 2200 voix.
En toute fin de soirée, alors que presque tous les bureaux de scrutin avaient été dépouillés, le taux de participation pour la région s'élevait à 76,1 %. Il avait même dépassé les 80 % dans Louis-Hébert (84,9 %) et dans Chutes-de-la-Chaudière (80,5 %). Et c'est dans Jean-Lesage (69 %) que ce taux était, à l'opposé, le plus bas.