Il s'agit d'une remontée considérable, permettant même de dépasser le score de 2007, alors que 71,23% des Québécois avaient exercé leur droit de vote.
Des résultats qui devraient réjouir le directeur général des élections (DGE), Jacques Drouin. En entrevue au Soleil, mardi après-midi, M. Drouin n'avait toutefois pas voulu avancer d'objectif chiffré.
«J'espère qu'on verra une hausse, avec tous les efforts qu'on a mis pour y arriver. Il faudrait que ce soit plus élevé que 2008», s'est-il contenté d'affirmer.
Le DGE a mis le paquet cette année pour amener les Québécois aux urnes : campagne de publicité à la télévision et sur Internet, nouvelles procédures pour faciliter le vote à distance... L'offensive médiatique était sans précédent.
Il faut dire que le taux de participation aux élections provinciales était en chute libre depuis une vingtaine d'années, alors qu'il s'élevait à 81,58 % en 1994.
Plusieurs observateurs considèrent toutefois que les élections de décembre 2008 étaient une «anomalie» dans le paysage démocratique québécois. Il s'agissait du deuxième scrutin en deux ans pour les Québécois, puisque le gouvernement minoritaire de Jean Charest, élu en mars 2007, s'était fait renverser un an et neuf mois plus tard.
«Il faut remettre ces élections en contexte. Il y avait une lassitude dans la population, qui ne voulait pas de ces élections», rappelait récemment le politologue Jean-Herman Guay.
Jacques Drouin croit d'ailleurs que ce sont avant tout les enjeux qui font varier le taux de participation. «Je pense que lorsqu'il y a des enjeux qui viennent chercher les électeurs, c'est ça qui a le plus grand impact. Le climat social dans lequel les élections ont été déclenchées, ça permet une participation plus importante, une mobilisation des jeunes qu'on n'avait pas vue depuis plusieurs années», affirmait-il mardi après-midi.
Après le conflit étudiant de ce printemps, le vote des jeunes reste d'ailleurs l'une des énigmes de ce scrutin. Il est encore trop tôt pour savoir jusqu'à quel point ils ont contribué à faire augmenter le taux de participation. En 2008, seulement 36% des 18-24 ans avaient exercé leur droit de vote.