Les abstentionnistes pourraient jouer les trouble-fêtes

En dépit du taux de participation très élevé... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

En dépit du taux de participation très élevé lors du vote par anticipation, le parti des abstentionnistes pourrait jouer les troubles-fêtes mardi.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partager

Dossiers >

Le Québec en élections

Politique

Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

(Québec) La démocratie québécoise avec un grand D se battra contre un ennemi invisible aujourd'hui : le parti des abstentionnistes. Il a recueilli 42,6 % des suffrages (non exprimés) aux dernières élections générales.

Quelque 5,9 millions de Québécois sont conviés aux urnes cette année.

Ils trancheront dans quelques heures l'issue d'une intense campagne électorale de 35 jours, lancée le 1er août par le premier ministre sortant, Jean Charest. Ils arbitreront des mois, voire des années de débats politiques.

Un peu plus de 980 000 d'entre eux se sont déjà prévalus de leur droit de vote en s'exprimant «par anticipation».

Les bureaux de scrutin sont ouverts de 9h30 à 20h aujourd'hui.

Le parti des abstentionnistes, qui n'a ni chef ni visage, avait clairement joué les trouble-fêtes lors de la course électorale de décembre 2008. Le taux de participation ne s'était élevé qu'à 57,4 %, un creux historique.

Les états-majors des formations politiques s'attendent à un résultat serré ce soir. Il démontrera sans doute que l'électorat québécois n'a jamais été aussi fragmenté; que le Québec est divisé en parts à peu près égales sur les grandes questions de l'heure et de l'époque, pensent les experts.

«Fragmentation de l'électorat». Une donnée phare qui compliquera inévitablement l'existence du prochain gouvernement, si elle s'avère. A fortiori, si le sort des urnes veut que celui-ci soit minoritaire.

Le prochain gouvernement pourrait devoir gouverner avec moins de 33 % des suffrages exprimés, ce qui serait une première dans notre histoire.

Chaque vote compte en démocratie. C'est encore plus vrai lorsque trois joueurs majeurs sont sur la patinoire et que deux partis plus petits peuvent créer des surprises, même si ce n'est qu'à petite échelle.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, les «machines électorales» des formations politiques, composées de bénévoles partisans, travailleront d'arrache-pied au téléphone et sur la route pour «faire sortir le vote» - «leurs» votes.

À ce chapitre, le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ) jouissent d'un avantage sur la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault. Ils ont plus d'expérience qu'elle, plus de bénévoles.

Ces machines électorales cibleront uniquement leurs partisans. Elles ne voudront pas inciter, par mégarde, des non-sympathisants à se rendre aux urnes...

Courtiser les indécis

Ce sont les fameux «indécis» qui détermineront l'identité du prochain gouvernement du Québec. Ils compteraient pour quelque 19 % de l'électorat, d'après les derniers sondages.

En quête d'un quatrième mandat d'affilée, les libéraux de Jean Charest ont cherché à rallier une partie de la «majorité silencieuse» durant cette campagne. Ils ont tenté de recueillir le maximum d'appuis chez les indécis, ainsi que chez les abstentionnistes du dernier scrutin.

Faire basculer des indécis dans leur camp et inciter le plus d'abstentionnistes possible à voter pour leur parti ont également constitué les objectifs de base des campagnes de Pauline Marois et de François Legault. Avec celui, particulier au PQ, de faire le plein des appuis chez les souverainistes.

Le chef de la CAQ veut, lui, au moins récupérer les quelque 690 000 votes perdus par la défunte Action démocratique du Québec entre les élections de mars 2007 et celles de décembre 2008.

On saura en fin de soirée dans quelle mesure Québec solidaire et Option nationale ont gagné leur pari de convaincre des Québécois souverainistes ou de gauche de voter avec leur «coeur», malgré les appels pressants de Pauline Marois.

Relayée par plusieurs de ses lieutenants, dont Jean-François Lisée, la chef péquiste a martelé avoir besoin des sympathisants de ces partis pour former un gouvernement majoritaire et faire adopter son programme politique par l'Assemblée nationale.

Distorsions

Le chiffre-sésame du jour est 63. Il faut 63 députés pour décrocher une majorité parlementaire dans notre Parlement, qui compte 125 sièges.

Le résultat des urnes est difficile à prévoir en raison des «distorsions» inhérentes à notre système électoral. Ainsi, en 1998, le PQ a formé le gouvernement en obtenant moins de voix que les libéraux.

Le PQ avait engrangé 42,87 % des suffrages. Les libéraux en avaient récolté davantage, 43,55 % en fait.

Dirigée à ce moment-là par Lucien Bouchard, la formation souverainiste avait néanmoins remporté 28 circonscriptions de plus que le PLQ.

Autre exemple : Québec solidaire a pu faire entrer un premier député à l'Assemblée nationale en 2008 - Amir Khadir - alors qu'il avait recueilli 21 800 voix de moins qu'en 2007 à travers le Québec.

À l'issue du dernier scrutin, l'ex-directeur général des élections du Québec Marcel Blanchet avait qualifié de «catastrophique» et de «désolante» la désaffection d'une partie des Québécois envers leur système électoral.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer