Comme des boules de cristal politiques

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Le Québec en élections

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Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

(Québec) Pour les mordus de politique et tous ceux qui n'en peuvent plus d'attendre le 4 septembre pour enfin connaître le prochain chef du gouvernement québécois, les sites de projections électorales comme Tooclosetocall.ca agissent un peu comme une drogue calmante, puisqu'ils réussissent souvent à prédire les résultats avec une étonnante précision. Le Soleil a demandé à leurs concepteurs quel était le secret derrière leurs boules de cristal.

Trois sites et trois concepteurs se font concurrence en la matière, et chacun insiste pour dire que son modèle statistique est supérieur aux autres et permet une prédiction plus juste du score final le 4 septembre. Tooclosetocall.ca (Si la tendance se maintient) est géré de Vancouver par Bryan Breguet, un Suisse qui a étudié et vécu six ans à Montréal. Threehundredeight.com (comme dans 308 sièges à la Chambre des communes) est piloté par Éric Grenier à partir d'Ottawa. Il a réussi à faire de sa science son principal gagne-pain. Et le petit dernier, electionsqc.com, est un projet parallèle de la firme de marketing Hypractif, de Montréal, mené par Édouard Reinach - un autre Suisse! - et Guillaume Vaillancourt.

La base des trois modèles est la même : ils partent des résultats des élections de 2008, entrent les plus récents sondages dans l'équation, font quelques ajustements et au bout du processus, ils arrivent avec une projection pour chaque circonscription et pour la composition de l'Assemblée nationale. La précision au bout du compte dépendra de la justesse de leurs ajustements et, évidemment, de la précision des sondages. S'ils sont dans le champ gauche, ils le seront aussi.

Ils font ainsi le pari que l'ensemble des sondages, c'est mieux qu'un seul. «C'est une façon de voir les tendances. Quand on voit les sondages individuels, chaque sondage n'est pas vraiment la vérité assurée. Mais quand on regarde ça globalement, je crois que ça donne une meilleure vision», souligne M. Grenier, de Threehundredeight.com. Ils permettent d'interpréter les variations dans les intentions de vote et de relativiser les vagues temporaires.

Élections précédentes

Dans son modèle, M. Grenier tient compte de tous les sondages électoraux, mais le poids de chacun diminue au fil des jours. Il privilégie les résultats locaux et donne une plus grande importance aux plus gros échantillons. Pour élaborer ses calculs, il a scruté les résultats et les sondages de 16 élections canadiennes pour constater deux choses: les «candidats-vedettes» et les députés sortants font mieux que les sondages, alors que les petits partis parviennent mal à transformer leurs appuis en votes, le jour des élections. Il a donc transposé ces constats dans son modèle. Il donne systématiquement une prime aux Yves Bolduc et Agnès Maltais, députés sortants, et à François Legault, Gaétan Barrette et Jacques Duchesneau, candidats-vedettes. Il ampute aussi le Parti vert de 25 % des intentions de vote pour se rapprocher le plus possible des résultats finaux.

De son côté, Bryan Breguet, de Tooclosetocall.ca, utilise les résultats des deux dernières élections pour faire varier le score au gré des sondages nationaux. Il ajuste ensuite selon des «coefficients régionaux» basés sur les trois dernières élections. Il donne l'exemple de l'Action démocratique du Québec (ADQ) en 2008: «Quand l'ADQ gagnait un point, ce parti montait bien davantage à Québec, dans les Laurentides et dans Lanaudière que dans l'ouest de Montréal». Comme son confrère, il tient compte des candidats sortants et des vedettes. C'est le seul qui a ouvert son modèle sur Internet. On peut donc s'amuser à donner les pourcentages à chaque parti pour voir comment les résultats varient dans chaque circonscription.

Le groupe d'electionsqc.com fait les choses différemment. Ils utilisent les quatre derniers sondages et appliquent les résultats à 50 % de façon uniforme dans tout le Québec et à 50 % en fonction des résultats de 2008. Ils ne tiennent pas compte des candidats sortants ni des sondages locaux, mais pondèrent les sondages en fonction des régions, du poids-média et des candidats-vedettes. Guillaume Vaillancourt souligne que le groupe a mis beaucoup d'efforts pour intégrer l'inconnu de la Coalition avenir Québec (CAQ). «Certains se contentent de reprendre l'ADQ, mais moi, je suis parti des sondages de l'automne dernier pour dire que le vote de la CAQ vient de l'ADQ, mais aussi du PQ [Parti québécois] et des libéraux» dans une moindre mesure.

Les trois sites présentent des résultats circonscription par circonscription, mais leurs concepteurs considèrent qu'il faut les prendre avec un grain de sel. Leur but est plus d'arriver à une estimation globale qu'à une estimation locale.

Les paris sont ouverts à savoir lequel des trois modèles aura la meilleure performance. Mais Bryan Breguet ne se fait pas d'illusions: «Certaines élections, un modèle fonctionnera mieux qu'un autre, et ensuite, c'est l'inverse.»

http://www.tooclosetocall.ca

http://www.threehundredeight.com

http://electionqc.com

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