En vertu des changements que la CAQ souhaite apporter, les omnipraticiens ne seraient plus forcés de consacrer presque la moitié de leur temps dans les hôpitaux, une obligation qui découle du régime des activités médicales particulières (AMP).
Ce régime a été mis en place en 2002, par François Legault lui-même, lorsqu'il était ministre de la Santé «pour dépanner» le réseau. Or, cela est devenu la norme, si bien que les médecins de famille travaillent désormais de 40 à 45 % du temps dans les hôpitaux au détriment de leur pratique en cabinet.
En les libérant de cette contrainte, les omnipraticiens ne seront plus «menottés» et pourront ainsi consacrer beaucoup plus de temps à leurs patients et prendre en charge un plus grand nombre d'entre eux, a fait valoir mercredi le docteur Gaétan Barrette, candidat de la CAQ dans Terrebonne.
François Legault a pris l'engagement d'abolir les AMP d'ici deux ans, et ce, conditionnellement à ce qu'il n'y ait pas de bris de service.
Loi sur l'assurance maladie
Le chef de la CAQ a également promis de modifier la Loi sur l'assurance maladie afin que les médecins soient rémunérés s'ils délèguent des actes médicaux à du personnel paramédical. Actuellement, «il n'y a pas d'incitatif», a souligné François Legault. Le docteur Barrette a expliqué que cela permettrait aux omnipraticiens de «multiplier leur effet». Il donne l'exemple des dentistes qui délèguent aux hygiénistes certains soins tout en les supervisant, et ce, en échange d'une compensation financière.
La CAQ souhaite que ce mode de fonctionnement s'applique aux omnipraticiens avec, par exemple, les infirmières ou les technologues avec qui ils travaillent.
Le candidat a assuré que cela n'entraînerait pas de perte de revenus pour les médecins habitués d'être payés pour ces actes.
Jeunes médecins du Québec
Le président de l'Association des jeunes médecins du Québec, le docteur Jean-François Gladu, était aux côtés de M. Legault et du docteur Barrette lorsque ces derniers ont présenté leur «clé de voûte» permettant d'offrir un médecin de famille à tous les Québécois.
Le Dr Gladu a expliqué que la CAQ était le seul parti qui s'était engagé formellement à modifier le système de santé et que les deux mesures mises de l'avant représentaient des demandes de longue date pour l'AJMQ.
Par ailleurs, François Legault a expliqué qu'il n'utiliserait la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés qu'en «dernier recours» pour forcer les jeunes médecins formés à l'Université McGill à travailler dans la province un certain nombre d'années après la fin de leurs études.
Le chef de la CAQ souhaite ainsi que les diplômés en médecine cessent de fuir le Québec, comme c'est trop souvent le cas selon lui.