Le leader caquiste a prononcé un discours de près de 30 minutes, dans lequel il s'en est notamment pris au projet de souveraineté du PQ, devant une centaine de gens d'affaires. Parmi ceux-ci, un intrus: le politologue et candidat vedette péquiste, Jean-François Lisée. Ce dernier s'est empressé de prendre le micro le premier lorsque la période des questions a été lancée.
«Est-ce que M. Lisée est un homme d'affaires?» a d'abord blagué M. Legault, visiblement incommodé par la présence d'un adversaire dans la salle. Avec son aplomb habituel, Jean-François Lisée a questionné le chef de la CAQ sur deux enjeux touchant les électeurs de l'Est de la métropole, soit le prolongement de la ligne bleue du métro versus celui du train de l'Est et la réfection de l'hôpital Maionneuve-Rosemont.
Le candidat péquiste a fait valoir que les maires de 82 municipalités, dont ceux de Laval, Longueuil et Montréal, s'étaient entendus pour prioriser le projet du métro à Anjou, contrairement, selon lui, à François Legault.
Piqué au vif, ce dernier a répliqué que le PQ disait «oui» à tout le monde et qu'il allait étudier tous les projets d'infrastructures qui lui seraient présentés avant de décider de l'ordre des priorités. «Je n'ai jamais dit non au métro», a lancé M. Legault, qui a néanmoins fait valoir que le train coûtait moins cher que ce dernier.
Après son intervention, Jean-François Lisée a quitté la salle et en a profité pour se défendre devant les journalistes d'avoir saisi l'opportunité pour mousser sa candidature dans Rosemont alors que l'événement ne s'adressait qu'aux gens d'affaires. «Je suis venu voir celui qui sera peut-être le chef de l'opposition», a-t-il expliqué, ajoutant qu'il était important pour les électeurs de connaître les priorités de la CAQ concernant le transport en commun.
«J'espère que j'ai réussi à le convaincre de faire le virage et de voter pour la Coalition», a de son côté affirmé François Legault en quittant l'événement. «Les péquistes sont désespérés», a-t-il cru bon d'ajouter.
La lutte s'annonce de plus en plus féroce entre la CAQ et le PLQ qui tentent de rallier derrière eux le plus grand nombre d'électeurs alors que la campagne électorale est en fin de parcours.
Dans son intervention, François Legault a expliqué pourquoi il avait abandonné le projet qu'il caresse depuis ses 16 ans, soit de faire du Québec un pays. Il a soutenu que sur le terrain, personne ne voulait de référendum et que la constitution n'allait pas créer beaucoup d'emplois, «sauf pour quelques conseillers».