Legault entend imposer ses priorités à un gouvernement minoritaire

En conférence de presse à Saint-Constant, en Montérégie,... (La Presse Canadienne)

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En conférence de presse à Saint-Constant, en Montérégie, François Legault a dressé la liste de ses cinq urgences non négociables: lutte à la corruption, un médecin de famille par Québécois d'ici un an, le ménage dans la bureaucratie, revoir le Plan Nord, et priorité à l'éducation.

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Le Québec en élections

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Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

Annie Mathieu
Le Soleil

(Saint-Constant) S'il dirige l'opposition d'un gouvernement minoritaire, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, serait prêt à déclencher des élections dès le dépôt du budget du printemps 2013 si le parti au pouvoir ne travaille pas sur l'une ou l'autre de ses priorités.

C'est du moins ce qu'a affirmé le chef caquiste mardi après-midi après avoir expliqué qu'il serait intraitable sur certains dossiers advenant qu'un gouvernement minoritaire soit porté au pouvoir le 4 septembre. «Ne comptez pas sur moi pour vivre dans un gouvernement minoritaire pendant deux, trois ou quatre ans en défendant le statu quo», a-t-il lancé, ajoutant qu'à titre de chef de l'opposition il ne serait pas «patient».

Il s'est ensuite employé à détailler la liste de ses priorités «non négociables»: lutte à la corruption, réduction de la bureaucratie et gains d'efficacité chez Hydro-Québec, l'école de 9 à 5 et investissements pour les enfants en difficultés d'apprentissage, un médecin de famille pour tous les Québécois et la révision du Plan Nord «pour être capable d'avoir une économie de propriétaires qui profite à l'ensemble des Québécois».

«Si le parti qui est au pouvoir, si c'est pas nous, travaille sur ces dossiers-là, il va avoir notre appui. Sinon, on va pousser pour avoir un changement au Québec», a soutenu François Legault.

Est-ce que le gouvernement devra prendre de front les cinq dossiers pour éviter qu'il ne soit reversé? «Chacun de ces dossiers-là, on va les prendre un par un, s'ils veulent travailler sur ces cinq dossiers-là ou sur un de ces dossiers-là, on va collaborer. Mais s'ils ne veulent pas travailler et qu'ils veulent juste défendre le statu quo, on aura des opportunités comme le printemps 2013 avec le premier budget», a répondu la leader de la CAQ.

Ce dernier était à Saint-Constant, en Montérégie, dans la circonscription de Sanguinet, où se présente le transfuge François Rebello. Le chef de la CAQ a présenté ses promesses en éducation, affirmant qu'il ferait de la lutte au décrochage scolaire sa priorité. La formation politique veut investir 1 milliard$ d'ici cinq ans, notamment pour hausser le salaire des professeurs de 10 à 30% et ajouter des ressources supplémentaires pour les enfants en difficulté. M. Legault a par ailleurs précisé que les augmentations salariales ne seraient pas conditionnelles à des évaluations.

Réaction de Jean Charest

Pour Jean Charest, les commentaires du chef caquiste illustrent deux aspects de sa personnalité. D'abord, la possibilité de replonger le Québec en élections à brève échéance démontre son égoïsme. «C'est de valeur que François Legault ne pense qu'à François Legault», a affirmé M. Charest.

D'autre part, l'éventualité qu'un terrain d'entente puisse être envisagé avec le PQ à certaines conditions est la preuve que «M. Legault est un souverainiste qui ne nie pas ses racines souverainistes». «À une semaine du vote, ça nous prouve une chose: voter pour la CAQ, c'est voter pour le PQ», réitère le chef libéral.

HYDRO-QUÉBEC

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) s'est par ailleurs dit prêt à modifier la loi encadrant la Régie de l'énergie pour permettre au gouvernement d'encaisser les bénéfices provenant d'un gain de productivité tout en maintenant une hausse des tarifs d'électricité.

François Legault promet de diminuer les dépenses de la société d'État de 600 millions$, notamment en abolissant 4000 postes, pour financer ses promesses électorales. Il dit également qu'il veut maintenir la hausse des tarifs d'électricité décidée en 2010 par le gouvernement de Jean Charest pour les années 2014 et 2018. Or, selon la loi, l'argent disponible devrait servir à financer la réduction de la facture d'électricité des consommateurs.

Mais le leader de la CAQ s'est dit prêt mardi à changer la règle, entre autres pour que les nouvelles sommes disponibles soient versées en éducation. «C'est certain que dans le cas qui nous concerne, on veut quand même ces gains-là aillent dans les écoles. Donc les modifications nécessaires à la Régie de l'énergie seront faites», a-t-il affirmé.

François Legault n'a pas voulu s'engager, comme lui a demandé Jean Charest, de publier les études «secrètes» qui lui auraient permis de conclure qu'une cure de minceur chez Hydro-Québec était nécessaire. Il a une fois de plus assuré qu'il avait validé son plan avec plusieurs experts et a rappelé que le gouvernement libéral avait également voulu réduire le nombre de postes à la société d'État.

Avec la collaboration de Simon Boivin

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