La leader du Parti québécois (PQ) a lancé plusieurs attaques contre le chef caquiste, dans le discours qu'elle a livré, mardi midi, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Elle a pratiquement ignoré son opposant du Parti libéral du Québec. La cause est entendue quant à sa défaite, croit-elle.
«Nous sommes à huit jours d'un vote crucial qui mettra en place une nouvelle équipe à la tête du gouvernement», a-t-elle tranché en début d'allocution. En mêlée de presse, elle a convenu que «nous constatons que M. Charest a un peu de difficulté à se positionner dans la campagne».
Elle n'a fait allusion au chef libéral qu'à la fin de son intervention. «M. Charest dirige un vieux gouvernement fatigué et usé.» En revanche, elle a prononcé 15 fois le nom de M. Legault ou celui de sa formation politique, sans compter des allusions envers la Coalition avenir Québec (CAQ).
Devant l'auditoire de gens d'affaires, Pauline Marois a dénoncé des imprécisions que contiendrait le cadre financier de la CAQ. Les 416 millions $ en revenus de taxation sur les gains en capital ne peuvent provenir que de l'abolition totale de l'exemption fiscale dans ce domaine, a-t-elle dit en affirmant que le programme de la CAQ ne le mentionne pas.
Elle a suggéré que M. Legault cache dans sa manche un plan «secret» en matière de hausse des tarifs d'électricité. Elle le soupçonne de vouloir toucher plus que les 1,6 milliard $ supplémentaires que les libéraux avaient prévu obtenir en augmentant la facture d'électricité des Québécois, d'ici cinq ans.
François Legault «a-t-il un plan secret? a-t-elle lancé. Je ne l'affirme pas. Je pose la question».
La chef souverainiste a été applaudie poliment par les membres de la Chambre de commerce. Elle a tenu à rassurer l'assistance sur le fait qu'elle entend maintenir les finances publiques au niveau du «déficit zéro». Elle s'est engagée à diriger le gouvernement de façon «responsable et rigoureuse».
Droits de scolarité
Elle a été muette sur sa promesse d'annuler la hausse des droits de scolarité. Elle n'en a pas parlé «parce qu'il n'y a pas personne qui doute de ma volonté et que c'est un des premiers gestes que nous poserons. Le 5 septembre, au matin, la directive sera très clairement envoyée aux universités d'annuler la hausse».
Pauline Marois est revenue sur sa promesse de doter le Québec d'une nouvelle stratégie énergétique. «Nous avons aussi un potentiel pétrolier», a-t-elle répété tout en rappelant que le PQ fera des efforts pour briser la dépendance du Québec au pétrole de l'étranger.
La Chambre de commerce a demandé aux chefs des trois principales formations de venir exposer leur vision économique, a indiqué la péquiste. «Je suis absolument estomaquée que ni M. Legault ni M. Charest n'aient accepté l'invitation.»
Legault accusé d'ignorer les régions
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, se disqualifie pour le poste de premier ministre en évitant de se rendre dans toutes les régions du Québec, affirme son homologue au Parti québécois, Pauline Marois.
«Pour François Legault, on dirait que les gens des régions n'existent pas», a lancé la péquiste à la foule de partisans qui s'est entassée, mardi soir, au cinéma Paramount, à Rouyn-Noranda. M. Legault «n'a pas daigné visiter la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine, l'Abitibi, la Côte-Nord, le Saguenay et le Lac-Saint-Jean», a énuméré la souverainiste.
D'ici le 4 septembre, elle prévoit avoir visité toutes les régions du Québec. «Je pense que quelqu'un qui veut devenir premier ministre a le devoir d'aller visiter les Québécois partout où ils sont.»
Pauline Marois a repris une déclaration de son adversaire caquiste. S'il dirige un gouvernement minoritaire, il replongera le Québec en élections dès le printemps si ses priorités ne sont pas acceptées par ses adversaires. «Quelle irresponsabilité! Quelle immaturité! On gaspillerait 80 millions $ pour une autre élection parce que le monsieur ne serait pas content.»