Lundi, le chef libéral a indiqué qu'il comptait entreprendre des discussions avec le gouvernement fédéral pour étendre l'application de la loi 101 aux organismes fédéraux et entreprises à charte situés au Québec. Cela garantirait à toute personne employée dans une entreprise de 50 personnes ou plus - comme les banques - le droit de pouvoir travailler en français au Québec.
«Je suis prêt à avoir cette discussion-là avec le fédéral», a assuré M. Charest.
Cette sortie a créé des remous dans certains milieux, notamment chez l'ex-députée libérale fédérale Marlene Jenning, qui a dit au Devoir être «déçue» par les propos de M. Charest. Elle a elle-même combattu des initiatives du Bloc québécois allant dans le même sens.
Le chef libéral n'est pas resté insensible au mécontentement soulevé dans une clientèle fidèle à son parti. «Je n'ai pas mis dans mes cartons de réouverture de la loi 101, a-t-il lancé. Ce n'est pas ce que je propose. Mais je veux travailler partout tout le temps au renforcement de la langue française, et dans un esprit constructif.»
Étendre son application n'implique pas une modification de la loi 101, mais bien des changements à la Loi sur les langues officielles. Mardi, M. Charest a bien précisé qu'il n'était pas question pour lui de demander des changements à la Loi. L'application de la Charte de la langue française ne peut donc pas avoir préséance dans les organismes fédéraux et les compagnies à charte.
Dans l'entourage du chef, on préférait parler d'une «précision» plutôt que d'un recul. Depuis le début de la campagne, M. Charest aime à dépeindre ses adversaires comme des gens qui changent d'idée.