La part de «Michou»
Il est difficile pour un politicien de rêver d'une femme plus parfaite que Michèle Dionne pour mener une campagne électorale.
Élégante, photogénique et rompue à la vie publique, celle qui partage le quotidien de Jean Charest depuis des décennies est, d'un point de vue froidement politique, un atout indéniable pour l'équipe libérale. Elle en est à sa neuvième campagne, provinciales et fédérales confondues.
Celle que le Québec surnomme «Michou» fait ressortir l'aspect humain du chef du Parti libéral du Québec (PLQ). Son attachement aux valeurs familiales. Des éléments qui ne transpirent pas de son image d'homme d'État.
À Sherbrooke, cette semaine, elle a essuyé des larmes à deux reprises lors d'une allocution de son mari. Quand il a annoncé que leur fille, Amélie, attend elle-même une fille. Aussi, quand il a clamé son amour pour sa belle-mère. «Profitez-en, c'est pas tous les gendres qui disent ça à leur belle-mère», a blagué M. Charest.
Puis, fait rare, elle s'est prêtée au jeu des journalistes en répondant avec aplomb à leurs questions. Les bonnes lignes. Campagne pas facile, rien n'est tenu pour acquis, on travaille le terrain. Pas les questions les plus difficiles, mais quand même. Quand on songe à la quantité de candidats qui se mettent le pied dans la bouche.
Encore à Laval, jeudi, elle a livré une allocution pour introduire celle de son mari devant plus de 700 militants.
Au Globe and Mail, le sondeur Christian Bourque, de Léger Marketing, a dit cette semaine qu'à 26% de notoriété, Mme Dionne est la seule femme de chef que connaissent les Québécois. Cela permet à M. Charest d'ajouter à son répertoire toutes sortes d'anecdotes où «Michou» est mise en scène.
Ses enfants et elle auraient préféré qu'il quitte la politique. Il en a déjà «donné beaucoup», a-t-elle confié au Devoir. Mais elle «s'est rallié à lui» et fait même campagne dans Sherbrooke, où M. Charest tire de l'arrière dans les sondages. «Je suis sur le terrain le plus souvent possible», a-t-elle dit.
François Legault a fait quelques sorties publiques avec sa femme, Isabelle Brais. Le mari de Pauline Marois, Claude Blanchet, a été aperçu, mais se fait plutôt discret. Michèle Dionne est partie intégrante de l'arsenal politique de Jean Charest.
Après toutes ces années de politique et de vie publique, l'union n'avait aucune chance d'échapper aux ragots. Mais chaque Noël, si les enfants ont fini par disparaître de la carte de souhaits, Michèle Dionne pose invariablement aux côtés de son homme. Simon Boivin
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Des gravol, s'il vous plaît!
Cette semaine, beaucoup de journalistes ont changé d'autobus, question de ne pas être aux trousses du même chef de parti pendant les cinq semaines de la campagne. C'est le cas de la représentante du Soleil, qui a quitté la caravane du Parti québécois (PQ) pour se joindre à celle de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Il y a des transitions plus difficiles que d'autres.
Les collègues n'avaient pas eu la délicatesse de nous prévenir que le véhicule, qui portait d'abord le nom d'Eliot Ness en raison d'une comparaison qui avait été faite entre le candidat vedette Jacques Duchesneau et le célèbre personnage américain, avait été rebaptisé Gravol-bus quelques jours plus tard. Et à juste titre.
Et si l'équipe caquiste n'a pas parcouru des milliers de kilomètres au cours des derniers jours en raison des quatre débats qui ont forcé les partis à dormir à Montréal, une simple balade à Le Gardeur a suffi pour un passage obligé à la pharmacie.
Le face-à-face de mercredi entre Pauline Marois et François Legault a éclairé notre lanterne quant aux raisons motivant le choix d'autobus aux changements de vitesses manuels plus laborieux et conséquemment plus périlleux pour l'estomac. Les deux chefs se sont longuement obstinés sur le montant nécessaire aux partis politiques pour faire le tour du Québec en campagne électorale. Pour M. Legault, 4 millions $ sont suffisants, alors que pour la leader souverainiste, le plafond doit être fixé à 11 millions $.
Vérification faite auprès de l'équipe caquiste, le budget alloué aux autobus de campagne a effectivement été calculé à la baisse, question d'économie. Il faut aussi dire que la formation politique est jeune et qu'elle ne dispose pas des moyens de ses rivales.
Mais si on lui pardonne de ne pas fournir ni cretons ni bagels multigrains pour le déjeuner contrairement à ses concurrentes, peut-être devrait-elle cependant songer à s'équiper en pilules contre le mal des transports? Annie Mathieu
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La plus meilleure
Nicole Stafford, chef de cabinet et femme de fer de l'entourage de Pauline Marois, affichait un sourire assuré, à la porte des studios de TVA, à quelques minutes du premier face-à-face télévisé entre sa patronne et le libéral Jean Charest.
De bonne humeur? «Il y a des campagnes qui vont mieux que d'autres», a-t-elle lâché.
C'est bien vrai que ça roule. Pour ce qui est du rythme, le contraste est saisissant pour les journalistes qui ont débarqué de la caravane libérale de Jean Charest pour sauter dans le «petit peu bus» de Pauline Marois.
À sa sortie entre deux combats extrêmes à la télé, la chef du PQ s'est payé un bain de foule, en territoire ami, au centre-ville de Montréal. Jean Charest n'a pas habitué les médias qui le suivent à tant de... monde.
«Les gens viennent à sa rencontre, il y a des attroupements, c'est le fun, vraiment», racontent les conseillers de Mme Marois. Rien à voir avec le climat, en 2007, quand le mal-aimé André Boisclair a conduit le Parti québécois à la défaite.
Les stratèges font remarquer que cette plus meilleure campagne est mieux préparée. Les alertes électorales ont sonné dès la fin de l'hiver. Ça aide.
«Pauline» reste «Pauline». De temps en temps, elle échappe un petit lapsus. À Montréal, elle a donné rendez-vous à ses supporteurs, le... 14 septembre. Non, Mme Marois, c'était 14 jours avant le 4 septembre.
En était-ce un quand elle a dit que les autochtones et les «anglos» de souche n'auront pas l'obligation de maîtriser le français pour devenir maire parce qu'ils bénéficient d'une «clause grand-père», ces clauses discriminatoires dans le monde du travail? Pas chic politiquement. Mais elle tient à l'expression.
Au cours de sa longue carrière, certains ont dit d'elle qu'elle n'a pas l'instinct du tueur. Oui, elle a bien fait aux débats. Mais ça manque toujours - un petit peu - de mordant, comme lorsque les référendums d'initiative populaire ont fait surface.
À tout le moins, la caravane Marois n'a pas connu d'embardée. «Il y a de bonnes journées; il y en a des mauvaises... C'est une campagne électorale», confie-t-on, en attendant la prochaine salve de sondages qui dira comment et pour qui le ciment de l'opinion publique fige.
C'est vrai qu'il y a des élections qui vont mieux que d'autres. Pour la cuvée été 2012, Pauline Marois s'est payé une petite douceur. Il y a deux jours, à Québec, devant un public partisan, elle a reçu l'accolade de Robert Lepage, le dramaturge que Jean Charest cite lorsqu'il parle des Québécois d'envergure - et à qui il a versé de généreuses subventions. Mme Marois a certainement dû avoir une pensée pour le libéral. Comme le dit la pub, ça n'a pas de prix. Michel Corbeil