Face-à-face Marois-Legault: bonne vieille chicane de famille

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François Legault a affirmé que Pauline Marois a abandonné aux «purs et durs» du Parti québécois la date et la décision de tenir un référendum.

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Pauline Marois a soulevé que les promesses caquistes de sabrer 7000 emplois de fonctionnaires dégénéreront en affrontements avec les syndicats. Ce sera «le chaos».

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C'est sur la question référendaire que le choc a été le plus brutal entre la chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, et le meneur de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Le caquiste a affirmé que Pauline Marois a abandonné aux «purs et durs» du PQ la date et la décision de tenir un plébiscite. Avec le référendum d'initiative populaire, il suffira que 850000 personnes signent les registres pour que «Mme Marois nous précipite dans le ravin avec les caribous».

La péquiste s'est indignée de l'expression. «Un peu de respect. Ce sont des citoyens.» Pauline Marois a abordé ce volet du débat en laissant tomber: «Vous, vous avez changé, c'est une autre affaire. Vous avez dit pendant des années que le Québec était ingouvernable» sans la souveraineté.

Réplique de M. Legault: «Même René Lévesque a changé de parti. Les gens veulent qu'on fasse le ménage dans la bureaucratie, dans la corruption», dans l'aide supplémentaire aux enfants, a-t-il martelé. Selon lui, la population est «tannée» des chicanes référendaires.

«François»

Les échanges sur la Caisse de dépôt ont donné lieu à beaucoup de familiarité entre les deux ex-collègues. La chef du PQ a rappelé à «François» qu'ils avaient pris un engagement ensemble, en 2008, pour renverser la loi adoptée par le gouvernement Charest. M. Legault l'a accusée en retour de ne pas avoir suffisamment investi dans les entreprises lorsqu'elle était au gouvernement alors qu'il était lui-même aux affaires de l'État.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, s'est invité dans le bloc sur l'économie, à propos du droit de lock-out qu'il réclame à Québec. Pauline Marois a expliqué qu'elle attendrait des études pour offrir une solution de «compromis», alors que le caquiste a sauté sur l'occasion pour l'accuser de défendre les syndicats.

Pauline Marois a soulevé que les promesses caquistes de sabrer 7000 emplois de fonctionnaires dégénéreront en affrontements avec les syndicats. Ce sera «le chaos». Celui-ci a répondu que le tout se fera par attrition.

Le chef de la CAQ estime que les quatre principaux engagements du PQ, soit le gel des droits de scolarité, celui des services de garde et des tarifs d'électricité ainsi que l'abolition de la taxe santé, coûteraient 3 milliards $ à l'État. «Je suis estomaquée qu'un comptable ne sache pas compter», a lancé Mme Marois, qui s'est une nouvelle fois défendue de ne pas avoir déposé de cadre financier.

La leader du Parti québécois a mis au défi M. Legault d'admettre que le financement de la formation souverainiste ne vient pas «de l'argent sale». À deux reprises, elle s'est adressée à M. Legault, en l'appelant par son prénom.

Syndicats

François Legault n'a pas cessé de reprocher à Mme Marois d'avoir «les mains liées aux syndicats. Une vingtaine de vos candidats sont des syndicalistes», a-t-il lancé, sur un air de reproche. «Quand vous allez rencontrer les syndicats, allez-vous porter votre "carré rouge". Vous êtes la reine du statu quo!»

La souverainiste s'est montrée catastrophée par l'attitude du caquiste. «Vous n'aimez pas les jeunes», a-t-elle lancé en allusion à une sortie de M. Legault sur «la belle vie» que mèneraient les jeunes, «les syndicats, y haït ça!»

Sur la question du financement des partis politiques, François Legault et Pauline Marois ont reconnu qu'ils s'attendaient pour un maximum de 100 $ par don. Mais pour la CAQ, 4 millions $ sont suffisants pour faire campagne au Québec, alors que le PQ juge que 11 millions $ sont nécessaires pour aller à la «rencontre des citoyens».

François Legault a vanté son trio d'incorruptibles pour faire le «ménage», alors que Pauline Marois a répliqué qu'elle avait de son côté «toute une équipe». Le caquiste a souligné que Sylvie Roy a réclamé six mois avant le PQ une commission d'enquête.

L'ex-couple n'a pas tardé à revenir sur sa rupture. «Vous avez quitté notre formation politique parce que vous trouviez que nous étions trop durs, vous ne vouliez pas débusquer la corruption», a lancé Mme Marois. «J'ai quitté parce que je trouvais que le PQ avait une seule priorité, la souveraineté», a répliqué l'ancien péquiste, qui a accusé la chef souverainiste de «réécrire l'histoire».

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